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dimanche 15 février 2015

Les ONGDH demandent liberté en faveur de Christopher NGOY MUTAMBA, martyr vivant de la démocratie en RDC.

- Kinshasa, le 16 février 2015 - Les ONGDH demandent liberté en faveur de Christopher NGOY MUTAMBA, martyr vivant de la démocratie en RDC. Faits et rétroactes Le 21 janvier 2015 Christopher NGOY MUTAMBA a été enlevé par les éléments de la Police Militaire et conduit à un endroit inconnu. Le 22 janvier 2015, une perquisition a été effectuée à son domicile à son absence par des éléments porteurs d’un mandat qu’aurait délivré l’auditorat de garnison de la Gombe. Après près de 20 jours d’actions et d’investigations en vue de le retrouver, les ONGDH obtiendront une audience auprès du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’intérieur et sécurité en date du 10 février 2015. L’hôte du jour présentera à la délégation venue lui demander des informations sur les lieux de détention de leur collègue et la possibilité de sa libération, sa prédisposition à établir un partenariat responsable avec les ONGDH dans la perspective de l’humanisation des services de sécurité vis-à-vis des citoyens. Il insistera aussi sur le fait que l’on ne peut ni encourager l’anarchie ni tolérer un Etat policier. En ce qui concerne la situation de Christopher NGOY MUTAMBA, il s’est inquiété des informations selon lesquelles Christopher NGOY MUTAMBA aurait été assassiné. C’est alors qu’il profitera de l’occasion pour demander à ses visiteurs défenseurs des droits humains d’attendre que la police vienne lui présenter officiellement leur collègue afin qu’ils aient des précisions sur le lieu et les motifs de sa détention. Après cette cérémonie organisée dans l’enceinte du Ministère de l’intérieur et sécurité, Christopher NGOY MUTAMBA sera transféré au Parquet général de Kinshasa/Matete, lequel ouvrira l’instruction du dossier le 12 courant avant de le placer sous Mandat d’arrêt provisoire au Centre pénitentiaire et de rééducation de Makala où il sera conduit le même 12 février 2015. Le 13 février 2015, Christopher NGOY MUTAMBA a été présenté en chambre de Conseil qui confirmera sa détention dans cette même prison où il réside désormais. Constats et observations : 1. Les ONGDH saluent l’ouverture d’esprit du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’intérieur et sécurité constatée lors de l’audience leur accordée et adhère à la perspective d’humanisation de services de sécurité qu’il entend imprégner à son ministère ; 2. Prenant en compte cette prédisposition positive et le contexte dans lequel Christopher NGOY MUTAMBA a été détenu, les ONGDH ont, au cours de la réunion tenue au siège de la Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme ce jeudi 12 février 2015, décidé de poursuivre des discussions avec le VPM et postposé la marche prévue ce 16 février 2015 à une date ultérieure afin de privilégier et donner la chance aux échanges constructifs pouvant déboucher sur la libération de leur collègue ; 3. Les ONGDH se félicitent de la mobilisation de l’opinion tant nationale qu’internationale et spontanéité des partenaires à les accompagner dans ce plaidoyer pour la libération de 2 Contacts presse : Me Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs. Tél. :+243815079823, courriel : sylvalumu@yahoo.fr Jean-Claude KATENDE, Président national de l’ASADHO. Tél. :+243 811 729 908, courriel : jckatende@yahoo.fr Christopher NGOY MUTAMBA ; 4. Concernant le dossier judiciaire ouvert, les ONGDH dénoncent l’arrestation arbitraire et la détention illégale de leur collègue pendant 21 jours et rejettent toutes les accusations arbitraires avancées par la police pour justifier cette détention. Elles constatent aussi que lors de l’audience de l’ouverture de l’instruction, le dossier n’avait comme seul contenu que le mandat de prise de corps signé le 10 février 2015, jour de la présentation de Christopher NGOY MUTAMBA au Vice-Premier Ministre en présence de la presse ; 5. A l’occasion de la présentation de Christopher NGOY MUTAMBA en chambre de conseil, ses avocats n’ont pas eu accès aux éléments du dossier pour examiner avec la Cour si il existe des indices sérieux de culpabilité pouvant justifier sa détention à la prison de Makala ; 6. Le Ministère public n’a pas non plus présenté ces indices ; ce qui permet de dire que le dossier est demeuré vide au niveau du Parquet ; 7. Malgré ce fait, les juges ont décidé tout de même de confirmer la détention de Christopher NGOY MUTAMBA ; 8. Ce comportement des juges fait craindre le risque d’une parodie de justice sur fond de la criminalisation des défenseurs des droits humains et opposants politiques dans la perspective de taire toute opinion contraire en République démocratique du Congo. Recommandations : Demeurant vigilantes et fort de ce qui précède, les ONGDH recommandent : 1. Au Procureur Général de la République, instruisant à charge ou à décharge : - de veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux et autres droits garantis aux particuliers par la Constitution et lois de la République ; - de constater cette absence d’indices sérieux pouvant établir la culpabilité de Christopher NGOY MUTAMBA et, en conséquence, lui accorder la liberté, celle-ci étant la règle et la détention, l’exception ; 2. A l’opinion tant nationale qu’internationale, en l’occurrence tous les partenaires, de demeurer mobilisée au tour de Christopher NGOY MUTAMBA pour l’émergence et le triomphe de la justice, de la démocratie et des valeurs républicaines dans notre pays ; Fait en République Démocratique du Congo, ce 16 février 2015

Les ONGDH signataires : 1. Action Chrétienne contre l’abolition de la Torture(ACAT) 2. Action Contre l’Impunité des Droits Humains (ACIDH) 3. Action d’Aide aux Survivants de la Torture (AAST/Relève) 4. Action de développement pour la protection de l’Environnement et la Promotion des Droits Humains (ADEPDH) 5. Action pour l’Environnement et la paix (AEP) 6. Action pour la Défense des Droits des Femmes et des enfants (APDDFE) 7. AETA : Agir pour les Elections Transparentes et Apaisées (AETA) 8. Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme (ANMDH) 9. Amis des Personnes en Détresse (APEDE)3 Contacts presse : Me Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs. Tél. :+243815079823, courriel : sylvalumu@yahoo.fr Jean-Claude KATENDE, Président national de l’ASADHO. Tél. :+243 811 729 908, courriel : jckatende@yahoo.fr 10. Association pour le Développement des Initiatives Paysannes (ASSODIP) 11. Association Africaine des Droits de l’Homme (ASADHO) 12. Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) 13. Association de Débardeurs du Port de Kalundu (ADPK) 14. Association de défense des Droits de la Femme (ADDF) 15. Association de Mamans Chrétiennes pour l’Appuis aux Vulnérables (AMCAV) 16. Association des Femmes pour l’Enfant (ASOFE) 17. Association des Jeunes pour le Développement Intégral de Kalundu Uvira (AJEDIK) 18. Association des Sœurs de Notre Dame de la Visitation (ASNDV) 19. Association Internationale de Défense des Droits de l’Homme (AIDDH) 20. Association pour le Développement de la Femme (ADF) 21. Association pour le Développement Intégral du haut Plateau de Fizi (ADIPF) 22. Avocats sans frontière (ASF-RDC) 23. Bâtir notre Terre (BATE) 24. Brigade des Jeunes pour la Paix et la Développement (BJPD) 25. Cadre pour le Développement Intégral (CADI) 26. Centre d’Observation des Droits de l’Homme et d’Assistance Sociale (CODHAS) 27. Centre de Formation Populaire Pour les Droits de L’Homme (CEFOP/DH) 28. Centre de Promotion Socio- Sanitaire (CEPROSSAN ASBL/RDC) 29. Centre de Recherches et d’Action pour la Paix et la Sécurité (CERAP) 30. Centre des Droits de l’homme et de droit humanitaire (CDH) 31. Centre féminin de Formation et d’information pour le Développement (CEFIDE) 32. Centre National d’Appui au Développement & Participation (CENADEP) 33. Centre pour la Justice et la Reconstruction (CJR) 34. Centre pour les Droits de l’Homme (CDH) 35. Centre Résolution Conflits (CRC) 36. Chaine de Solidarité Agissante Eglise du Christ au Congo (CS A ECC) 37. Collectif des Associations Féminines (CAF ) 38. Collectif des Femmes Journalistes (C F J) 39. Comité Anti-Tracasserie (CLAT) 40. Comité de Coordination d’Actions de Paix (CCAP) 41. Comité des Jeunes pour la Sensibilisation Civique et Electorale (CJSE) 42. Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) 43. Communauté des Amis de la Nature et de la Culture (CANACU) 44. Communicateurs pour la Promotion Protection et Défense des Droits de l’homme(COPPRODDHO) 45. Congo Peace Network (CPN) 46. Conseil Régional des Ongs Pour le Développement (CRONGD) 47. Convention Pour le Respect des Droits de l’Homme(CRDH)4 Contacts presse : Me Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs. Tél. :+243815079823, courriel : sylvalumu@yahoo.fr Jean-Claude KATENDE, Président national de l’ASADHO. Tél. :+243 811 729 908, courriel : jckatende@yahoo.fr 48. Debout Fille de Fizi (DFF) 49. Droits et Vie pour Tous (DVT) 50. Enfants d’Uvira (EU) 51. Ensemble pour la Femme et Enfant (EPF) 52. Fédération des droits de l’homme (FDH) 53. Femme en Danger (FED) 54. Femme et Enfant en Détresse (SOS FED) 55. Femme pour le Développement de Mutuelle de Sodalité (FDMUSO) 56. Femme qui en Soulève une Autre (FESA) 57. Femmes Engagées pour la Promotion de la Santé Intégrale (F E P S I) 58. Femmes Juristes pour la défense des Droits de la Femme (F J D F) 59. Forum des Amis de la Terre (FAT /GRANDS LACS) 60. Forum pour les Droits des Jeunes et des Enfants au Congo (FODJEC) 61. Fraternel International des Prisons (FIP) 62. Fraternité Congolaise pour la Paix et le Développement (FCPD ) 63. Genre pour l’Appui au Développement (GAD) 64. Groupe d’Action Non-Violence Evangélique (GANVE) 65. Groupe d’Associations de défense de Droits de l’Homme et de Paix (GADHOP) 66. Groupe Lotus (GL) 67. Human Rescue (HR) 68. Humanisme et droits humains (HDH) 69. Justice et Transparence (JUSTRANS) 70. JUSTICIA: Justicia 71. Ligue Contre la Fraude (LICOF) 72. Ligue de la Zone Afrique Pour La défense des Enfants et Elève (LIZADEEL) 73. Ligue des Electeurs (L.E) 74. Ligue Des femmes défenseures Des Droits Humains (LIFEDDH) 75. Ligue Nationale des paysans pour les Droits de l’Homme (LINAPDHO) 76. Mobilisation Encadrement Ecologique et Défense des droits humains par les Amis des Familles démunies (MEEDAF) 77. Nouvelle dynamique de la Jeunesse Féminine (NDJF) 78. Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) 79. Observatoire congolais pour les Droits de l’Homme (OCDH) 80. Observatoire de Lutte contre la Corruption en Afrique Centrale (OLCAC) 81. Œil des Victimes des Violations des Droits de l’Homme (OVVDH) 82. Œuvres sociales pour le Développement (OSD) 83. ONGD BUNKETE 84. Parlement des Jeunes (PJ) 85. Pax Christ Butembo (PX/Butembo)5 Contacts presse : Me Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs. Tél. :+243815079823, courriel : sylvalumu@yahoo.fr Jean-Claude KATENDE, Président national de l’ASADHO. Tél. :+243 811 729 908, courriel : jckatende@yahoo.fr 86. Peace and Human Dignity for Development (PHDD ) 87. Réseau Action Femme (RAF) 88. Réseau de Femmes pour le Développement (RFD) 89. Réseau de Plaidoyer et de Protection (RPP) 90. Réseau des Journalistes Amis des Enfants (RJAE) 91. Réseau des Organisations Congolaise de Droits de L’Homme (ROCDH) 92. Réseau des Radios Associative s et Télévision de proximité du Kasaï-Oriental (RATEPROKA) 93. Réseau National des ONGs des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (RENADHOC) 94. Réseau pour la Lutte Contre la Fraude et la Corruption (RELCOFC) 95. Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice (RRSSJ) 96. SansaBana (SABA) 97. Securitas Congo (SC) 98. Service International Des Droits de l’Homme (SIDH) 99. Solidarité de Fizi pour le Bien Etre de la Femme (SOFIBEF) 100. Solidarité des Associations Féminines pour les Droits de Femmes et de l’Enfant (S AF D F) 101. Solidarité des Ongs Du Kasaï pour les Droits Humains (SOLIDEC/KH) 102. Solidarité Echange pour le Développement Intégral (SEDI) 103. Solidarité Indépendante pour la défense des Droits Humains (SIDH) 104. Solidarité Pour la Promotion Sociale et la Paix (SOPROP) 105. Soutien aux Initiatives de Développement et la Protection (SIDP) 106. Syndicat de Défense des Intérêts des Paysans (SYDIP) 107. Syndicat des Femmes Travailleuses (SYFET) 108. Synergie de jeunes pour le défense de droits humains (SJDDH) 109. Synergie de la Société Civile pour les Elections et Bonne Gouvernance (SOCIELEC) 110. ThalitaKum (TK) 111. Toges Noires (TN) 112. Union Congolaise Des Femmes des Médias (UCOFEM) 113. Union des Familles pour la Recherche et la Paix (UFAREP) 114. Union Des Femmes Pour la Dignité Humaine(UFDH) 115. Voix des Opprimés des Droits de l’Homme (VDO) 116. Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)6 Contacts presse : Me Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs. Tél. :+243815079823, courriel : sylvalumu@yahoo.fr Jean-Claude KATENDE, Président national de l’ASADHO. Tél. :+243 811 729 908, courriel : jckatende@yahoo.fr

lundi 10 novembre 2014

Ligue des Electeurs Observatoire Congolais des Droits Humains (L.E.) (O.C.D.H.) : RDC : LA VIOLENCE ERIGEE EN SYSTEME DE GESTION DE L’ETAT, MASSACRES ET EXACTIONS DES DROITS DE L’HOMME AU QUOTIDIEN Rapport conjoint LE-OCDH

Kinshasa, Novembre 2014

INTRODUCTION

Le présent rapport fait écho au premier rapport conjoint publié par la Ligue des Électeurs (LE) et l’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) le 30 juin 2013 intitulé « L’emprisonnement ou l’exil, quand l’intolérance prime sur la raison ». Celui-ci retraçait les violations des droits humains comme effets collatéraux de la crise post-électorale, notamment ceux ayant marqué la publication des résultats des scrutins du 28 novembre 2011 et la prestation de serment avortée du président de l’UDPS, Etienne TSHISEKEDI, au stade des Martyrs de l’indépendance. Depuis, plusieurs événements marquants sont survenus amenant leurs lots des violations massives des droits humains déjà forts préoccupantes en République Démocratique du Congo. Les massacres des adeptes du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique Noire, secte dirigée par le prophète Paul-Joseph MUKUNGUBILA, les exécutions sommaires et extrajudiciaires des « kuluna » en sont de tristes illustrations.

La Ligue des Électeurs et l’Observatoire Congolais des Droits Humains ne pouvaient garder silence face aux exactions et violations graves des droits de l’homme commises au quotidien par les forces de l’ordre et les services de sécurité dans la répression de la population civile congolaise. Dans le cadre de l’enquête menée autour de l’affaire des attaques du 30 décembre 2013 à Kinshasa et dans d’autres provinces du pays et mettant en cause le prophète Paul-Joseph MUKUNGUBILA et ses adeptes, une délégation de la Ligue des Électeurs s’est rendue en Afrique du Sud au mois de novembre 2014 pour rencontrer le prophète Paul-Joseph MUKUNGUBILA, qui s’est réfugié dans ce pays, afin d’échanger avec lui de vive voix sur ces incidents du 30 décembre 2013 pour lesquels lui-même et ses adeptes sont mis en cause et traqués par les autorités congolaises.

La délégation de la Ligue des Electeurs était conduite par Monsieur Paul NSAPU MUKULU, Président du Conseil d’Administration de la Ligue des Electeurs et Secrétaire Général chargé de l’Afrique de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH). Cette mission a été initiée et soutenue par la FIDH. La délégation a ramené de sa mission la suite des éléments d’informations sur la poursuite de l’enquête, puisées à la source auprès du prophète Paul-Joseph MUKUNGUBILA lui-même et ses adeptes rescapés en fuite en Afrique du Sud qui renforcent et confirment les résultats de notre rapport qui a été publié par la Ligue des Electeurs simultanément en Belgique et à Kinshasa au mois de mai 2014. Dès lors, il y a lieu de rappeler que la partie de ce rapport dont les enquêtes continuent, fait suite aux massacres perpétrés contre les adeptes et les victimes collatéraux du « Ministère de la Restauration à Partir de l’Afrique Noire » sur les attaques du 30 décembre 2013 à travers la RDC.

Ce rapport conjoint LE-OCDH couvrira donc le deuxième semestre 2013 et l’année 2014 et reprendra notamment certains dossiers traités dans le précédent rapport dont les victimes sont toujours dans le collimateur des services de sécurité, telle l’arrestation et la détention du Dr. KANKU MUKANDI JeanPierre, la traque des politiciens proches de l’opposition, l’affaire dite des conspirateurs de janvier 2013, etc. La « L.E. » et l’OCDH ne peuvent s’empêcher de remercier les ONG des droits de l’homme et toutes les personnes qui leur ont apporté leur collaboration dans la collecte des informations sur terrain et par leurs témoignages en RDC, dans d’autres pays ainsi qu’en Afrique du Sud. Brève présentation des auteurs • La Ligue des Electeurs (L.E.) Créée le 30 avril 1990 au lendemain du célèbre discours ouvrant la voie au processus de démocratisation de la RDC (alors Zaïre), la L.E. est une association sans but lucratif de droit congolais dotée de la personnalité juridique par l’Arrêté-Ministériel n°157/CAB/MIN/J&DH/2012 du 23 février 2012. En effet, la L.E. a pour objectif le développement démocratique par la défense des droits humains et la promotion de la culture électorale en RDC. Dans la promotion et la défense des droits humains, elle intervient notamment dans les domaines : - des enquêtes, monitoring et documentation des cas de violations des droits humains ; - de la protection des défenseurs des droits humains à travers le système d’alerte de la Maison des droits de l’homme, un programme du Centre Carter ; - de plaidoyer en faveur de l’institution d’une Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) et en faveur de l’adoption d’une loi portant protection des DDH; - de la mobilisation de l’opinion publique et de la dénonciation d’actes de violations des droits humains. Dans le domaine des élections, la L.E. fonde son approche sur les standards internationaux des élections démocratiques et vise la libre expression de l’électorat et la transparence des élections à travers notamment : - le plaidoyer en vue d’une réforme rationnelle du cadre législatif des élections ; - l’éducation civique et électorale ; - l’observation électorale à court et à long terme ; - le parrainage des missions d’observation nationales ou internationales des élections en vue de leur transparence ; - des actions susceptibles de garantir le choix démocratique des candidats (éducation, formation, sensibilisation et informations) ; - la mobilisation des populations en vue de la participation massive aux élections dans un régime démocratique, pluraliste et ouvert à tous ; - l’éducation, la formation, l’information et la sensibilisation des populations sur les questions relatives à la démocratie pluraliste ; - l’organisation des cycles de conférences, séminaires et des colloques ; - la réalisation des sondages d’opinions et constitution de banques des données ; - le lobbying permanent auprès des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux ainsi que des missions diplomatiques accréditées en RDC. A ce double titre, la L.E. est, au plan international, membre de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et du Réseau Mondial des Observateurs des Elections (GNEM) et, au plan 4 national, membre de la Maison des Droits de l’Homme du Centre Carter, du Cadre de Concertation de la Société Civile pour l’observation des élections et de la Synergie congolaise pour les élections en RDC. • L’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) L’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) est une organisation non gouvernementale à vocation nationale créée en mars 1999 et dotée de la personnalité juridique (A.M. N° 313/CAB/MIN/J&DH/2010 du 25 juin 2010), dont l’objet est de promouvoir, de protéger et de sauvegarder les droits fondamentaux et les libertés tant individuelles que collectives de la personne humaine tels que reconnus et garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), les conventions internationales dûment ratifiées par la RDC ainsi que les lois congolaises en vigueur. Sans être ni un parti politique ni un syndicat et sans soutenir aucune idéologie politique ou doctrine religieuse déterminée, l’OCDH se veut un cadre de concertation, de réflexion et d’étude susceptible de contribuer à l’appropriation par la conscience tant individuelle que collective des valeurs et principes reconnus par la DUDH et les différents instruments juridiques internationaux. Au regard de son objet, l’OCDH s’efforce d’apporter sa contribution intellectuelle, son adhésion morale et son appui actif à toute initiative visant l’épanouissement de la personne humaine en RDC et l’amélioration progressive et constante de ses conditions de vie et, à cet effet, de contribuer par des recherches approfondies à la création d’un environnement permettant tant aux pouvoirs publics qu’aux membres de la Société civile de répondre ensemble, de manière adéquate et satisfaisante, aux aspirations légitimes de toute personne, dans le respect de sa dignité, de sa liberté, de sa sécurité et de l’égalité des chances entre tous.

L’OCDH intervient dans six domaines à travers un programme avec des projets ayant leurs stratégies et des activités spécifiques, à savoir : - La lutte contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; - La lutte contre les violences sexuelles et toutes autres formes de violences à l’égard des femmes, dont les violences conjugales ; - L’assistance juridique et judiciaire des enfants en conflit avec la loi et victimes de violence ; - La lutte contre la peine de mort ; - La lutte contre l’impunité ; - La lutte contre l’exclusion sociale. Toutefois, l’OCDH a levé l’option claire de faire de la lutte contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants le pivot central de ses activités. C’est dans ce cadre que l’OCDH a lancé depuis juin 2001, une large campagne nationale de lutte contre la torture et initier plusieurs démarches visant à instaurer un cadre légal de répression de la torture comme infraction autonome en RDC. Toujours dans le même cadre, l’OCDH mène des sessions de sensibilisation et de formation à l’endroit tant des agents de l’Etat chargés de l’application des lois, en particulier, que de la population, en général. Pour récompenser ses efforts, l’OCDH a été primé lauréat du Prix des droits de l’homme de la République Française en 2002 par la Commission Consultative Française des Droits de l’Homme. 5 I. Affaire des adeptes du « Prophète Paul-Joseph MUKUNGUBILA » Le lundi 30 décembre 2013 vers 08H30, un groupe d’assaillants se réclamant adeptes du « Prophète » Paul Joseph MUKUNGUBILA du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique Noire, vêtus en tenue civile, avait investi le plateau de l’émission « Le panier » qui passe en direct chaque matin sur les ondes de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). L’un des membres de ce groupe va déclarer que le « Prophète » venait « pour libérer la population congolaise de la tyrannie rwandaise. » Le signal de l’émetteur fut brusquement interrompu et des tirs et détonations d’armes lourdes se mirent à retentir sur le site de la RTNC. Des tirs seront également entendus aux environs de l’Etat-major Général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la commune de Ngaliema et à l’aéroport international de N’djili. Des mouvements similaires seront également annoncés dans les villes de Lubumbashi et Kolwezi dans la province du Katanga, Kindu dans la province du Maniema et Kisangani dans la Province Orientale. Le bilan officiel a fait état de 40 adeptes tués, 76 cas d’arrestation dont 2 enfants, 5 éléments des FARDC tués lors des opérations à Lubumbashi, 1 adepte tué et 70 capturés à Kolwezi, 2 adeptes tués et 2 capturés à Kindu. Soit 103 morts dont 8 éléments FARDC, 9 blessés et 178 personnes arrêtées dont 2 enfants. Mais selon les témoignages recueillis et les enquêtes des ONGDH congolaises, notamment la Ligue des Electeurs, dont le rapport a été rendu public en mai 2014, ce bilan serait bien lourd.1 En effet, la répression de ces évènements a donné lieu à plusieurs abus, dérapages et exactions sur les membres présumés de cette église de la part des forces de l’ordre, de l’armée et des services de sécurité. Parmi ces abus et exactions, on peut noter notamment : arrestations, disparitions forcées, perquisitions illégales, attaques, tortures, destructions et pillages, menaces téléphoniques des adeptes, sympathisants et proches parents et amis. La mission d’enquête d’une délégation en Afrique du Sud a été éclairée davantage sur toutes ces persécutions subies directement et indirectement par les membres de l’église. Plusieurs victimes rescapées directe et indirecte vivant en Afrique du Sud et dans d’autres pays d’accueil, ont manifestés leur intention de porter plainte à ce sujet. Il s’agit notamment de : 1. Monsieur Joseph MUKUNGUBILA MUTOMBO, massacre de ses disciples, destruction et pillage de ses biens. Confiscation de ses biens immobiliers ; 2. Madame Marie Pascaline MUKUNGUBILA, massacre de ses frères et pillage de leurs biens ; 3. Monsieur Samson MUKUNGUBILA KAKOKO, massacre de ses frères et aussi pillage de leurs biens ; 4. Monsieur Joseph MUTEBA SANGWA, massacre des membres de sa famille et chasse à l’homme, confiscation des ses biens immobiliers et d’autres biens de grande valeur ; 5. Monsieur Stevens SJOMBU, massacre et chasse à l’homme de sa famille. Confiscations de ses biens immobiliers et tant d’autres ;

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République Démocratique du Congo, 30 décembre 2013 : les massacres des adeptes du Ministère de la Restauration à partir de

l’Afrique noire, Rapport d’enquête, mai 2014 6 6. Monsieur Antoine KAZADI PUNGWE, massacre de ses frères, enlèvement de sa famille et pillage de ses biens à Kindu ; 7. Monsieur Patrick ATIBU NGONGOLO, massacre de ses frères en christ, ses deux enfants enlevés dont on est sans nouvelle à ce jour et tous ces biens perdus ; 8. Madame Espérance MULASHI REHEMA, massacre de sa famille et pillage systématique de ses biens ; 9. Les familles de Monsieur Charlie Jephté MINGIEDI, MBALA et N’ZETEKE, pour les massacres de leurs frères à Lubumbashi, Kolwezi, Kinshasa et Kindu ; 10. Monsieur Kai KAND A KAMB, massacre de toute sa famille ; 11. Monsieur Albert KONGOLO WA KABWE, massacre de ses frères et sœurs et sa maison pillée de bout en comble ; 12. Paulin KAMWANYAA KYAGWA, massacre de ses frères, enlèvement de sa famille, son père a été fait prisonnier et la maison complètement pillée ; 13. Monsieur Timothée TSHIDIBI NGONDAVI, massacre de ses frères, enlèvement des membres de sa famille. Son père a été tué, son grand frère emprisonné et leurs biens pillés ; 14. Monsieur Jacques MUTOMB NAWEJ, son frère a été tué, sa maison pillée. Les victimes recensées après enquête de quelques villes de la RDC. La liste n’est pas exhaustive : 1. Madame Laeticia TSHIKUDI KALANDA et son mari Patrick ONYA KOSO, qui avaient laissé fonctionner dans leur maison du quartier Kingabwa de la Commune de Limete une cellule de prière de l’église du prophète Joseph MUKUNGUBILA. Ils ont été appréhendés dans la nuit du 02 janvier 2014. Monsieur Patrick ONYA se trouve être aussi membre du parti politique « Ecidé » du Député national Martin FAYULU. Dans la foulée de cette arrestation, il faut noter également les cas de Messieurs Mathieu BOKENGE, animateur de la cellule de prière de Limete, et Toussaint TUNGAMA DINA, prétendu adepte de Joseph MUKUNGUBILA. Tous les deux sont portés disparus depuis le 02 janvier 2014 ; 2. Monsieur KABASELE KABONGO et sa cousine KAPINGA NKONGOLO, membres de l’Eglise du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique Noire, habitant la commune de Lemba, au n° 39 de l’avenue Lukufu, ont été enlevés à leur domicile en date du 02 janvier 2014 par des agents des services de sécurité et l’on craint qu’ils n’aient été sommairement exécutés ; 3. Il faut noter également les cas de Messieurs Eric BANZA MWEWA de Limete/Mombele et Arsène NSUMBU MASINA de Kalamu/Kauka, traqués et arrêtés dans la nuit du 03 janvier 2014 ; 4. Monsieur Kanko KANKONDE wa KANKONDE, un ancien militaire des FARDC, proche du parti politique « Ecidé » de Martin FAYULU et de l’UNC de Vital KAMERHE, soupçonné d’appartenir au groupe de Joseph MUKUNGUBILA ayant attaqué l’aéroport de N’djili le 30 décembre 2013, est activement recherché et porté disparu depuis ce jour-là ; 7 5. Monsieur Hermine MUTSHE, membre de l’Eglise du prophète Joseph MUKUNGUBILA, résidant dans la commune de Kalamu, au n° 15 de l’avenue Popokaba, a disparu depuis les évènements du 30 décembre 2013. Craignant qu’il n’ait été enlevé et exécuté, sa mère, Madame Jeannette NIOKENDE, reste elle aussi introuvable alors qu’elle courait partout à la recherche de son fils ; 6. Monsieur Joël KASHOBA MAKUA, Monsieur Fidèle TANDU et son frère Franck TANDU, prétendus adeptes de Joseph MUKUNGUBILA appartenant à la cellule de prière de Limete/Kingabwa, sont traqués depuis le 04 janvier 2014 ; 7. Monsieur MOKEKOLA MATOMELE, membre actif de l’église de Joseph MUKUNGUBILA à Lubumbashi, serait décédé entre les mains des services de sécurité à Lubumbashi le 02 janvier 2014. A Kinshasa, Son épouse, Madame Anne BOWEYA MAMPOLA, a été recherchée et menacée à son domicile du quartier Kauka dans la commune de Kalamu malgré son âge avancé. Elle vit depuis en clandestinité ; 8. Monsieur Jean-Pierre NIKITA, adepte fréquentant l’église de Jésus-Christ de Joseph MUKUNGUBILA dans la commune de Ngaliema, quartier Ma Campagne, et son épouse, Madame Carine OMBHOLLO BOKEKA, ont disparu avec leurs enfants depuis qu’ils ont été activement recherchés par des agents des services de sécurité à leur domicile de la commune de Ngaliema dans la nuit du 31 décembre 2013 ; 9. Monsieur BOPEMBO Y’ETAMBE junior et son épouse Andy KEVANI META, qui auraient caché chez eux des amis adeptes de Joseph MUKUNGUBILA soupçonnés d’avoir participé aux attaques du 30 décembre 2013, ont connu une descente musclée à leur domicile de la commune de Ngiri-Ngiri des agents des services de sécurité. Monsieur Junior BOPEMBO a échappé à l’arrestation, tandis que son épouse a été arrêtée et détenue en un lieu inconnu ; 10. Pour avoir dénoncé publiquement des exécutions sommaires enregistrées dans les rangs des adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA depuis le 30 décembre 2013 et avoir réclamé du gouvernement toute la vérité autour de cette affaire, Madame Lucie MBELU MAPUNDA, résidant dans la commune de Lingwala, au n° 75 de l’avenue Boyaka, a échappé à un enlèvement en pleine rue et elle est portée disparue à ce jour ; 11. Monsieur LOANDA ISAKO Hans, adepte de l'église du Prophète Joseph MUKUNGUBILA, a échappé à la mort pendant qu’il assumait la sécurité à la résidence du Prophète à Binza Macampagne et plusieurs adeptes ont trouvés la mort à cette date du 30 décembre 2013. Celui-ci est recherché activement par les services de sécurité et il vit pour le moment en clandestinité ; 12. Madame Lola NZEZA NYOTA, habitant la commune de Kintambo au n° 4 de l’avenue Comorico, Quartier UTEXCO, est activement recherchée par les services de sécurité. Elle est portée disparue depuis le lundi 30 décembre 2013, alors qu’elle était sortie pour rendre visite à un membre de sa famille au centre de dépistage de la tuberculose et de sida situé en face des installations de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Son mari, Monsieur Adrien CELUTU, qui, depuis s’est lancé à sa recherche, a été harcelé par les services de sécurité. Depuis lors, il est lui aussi porté disparu ; 8 13.Monsieur Gaston OMOY, adepte de l’Eglise de Joseph MUKUNGUBILA, résidant dans la commune de Ngaba, au n° 53 de l’avenue Kisangani, est porté disparu depuis le 30 décembre 2013. Sa famille, notamment sa sœur Madame Marie-Jeanne OMOY, qui a rapporté cette information et qui avait reçu une balle dans sa jambe gauche tirée par des agents des services de sécurité, est dans le collimateur des services de sécurité qui ne cessent de la harceler pour retrouver son frère disparu ; 14. Monsieur ADOKWE KOFFI membre de l'église du Prophète MUKUNGUBILA et proche du Pasteur François NYEMBO de l'église de MUKUNGUBILA est accusé de complot qui a abouti aux événements du 30 décembre 2013, recherché activement, il vit toujours en clandestinité ; 15. Monsieur MAVINGA Domi a fui précipitamment son domicile de la commune de Matete alors qu'il était aussi recherché dans la nuit du 01 janvier 2014 ; 16. Madame CIKANYA MIVILU Thérèse, adepte du prophète Joseph MUKUNGUBILA à Lubumbashi, arrêtée elle aussi le 31 décembre 2013, est portée disparue. Madame CIKANYA a toujours été dans le collimateur des services de sécurité congolais à cause de son mari, Monsieur DENDE DJONGALUMU Paul, accusé en septembre 2013 d’être en intelligence avec les insurgés « Bakata Katanga » qui sévissent dans beaucoup de localités de la province du Katanga. Monsieur DENDE est lui aussi porté disparu depuis septembre 2013; 17. Monsieur Christian BAMBALATIWE, membre de l'église du prophète Joseph MUKUNGUBILA, a été victime d’un enlèvement le 31 décembre 2013 devant la RTNC. Jusqu’à présent, sa famille est activement à sa recherche ; 18. C'est dans le même contexte que Monsieur NDUKU MPUTU Paul, enquêteur membre du CDH, accusé de collision avec les « Bakata Katanga », a été enlevé.au mois de décembre 2013. Son épouse, Madame Jacquie KAYAYA BUABUA, est aujourd'hui menacée des représailles à cause des recherches entreprises pour retrouver son mari. Elle demeure aussi introuvable jusqu’à ce jour; 19. Monsieur MUPENDWA BAGALWA Blaise, membre de l'église de Jésus-Christ de Joseph MUKUNGUBILA, a été tué chez lui à domicile dans la commune de NGABA en date du 09 janvier 2014 ; 20. Mademoiselle Corinne BACHILE MOKABI, membre de l'église du prophète Joseph MUKUNGUBILA, a échappé à un enlèvement le 30 décembre 2013 devant la RTNC. Elle est activement recherchée depuis lors ; 21. De même, Madame Gabrielle LOKWAKO KOMBA a été enlevée dans la commune de LIMETE à cause de l'affaire « Joseph MUKUNGUBILA ». Elle se serait évadée de son lieu de détention quelques jours après avec d’autres personnes. Elle demeure recherchée jusqu’à ce jour ; 22. Monsieur TSHIBANGU BUANTEKA Tom, résidant habituellement à Kinshasa, est porté disparu avec sa femme Madame Nathalie ELANDO MBULU PASU à cause de ses relations avec les adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA ; 23. Monsieur Maurice KUKI BUZUMA, membre de l'église de Jésus-Christ de Joseph MUKUNGUBILA, a été tué sommairement chez son frère, Monsieur KUKI MOMBOYO, dans la commune de Kinshasa en date du 04 janvier 2014. Celui-ci a eu la vie sauve dans la fuite; 24. C'est la même chose avec Monsieur Clavier MUPEPE MASASU et son frère, Monsieur MUPEPE KASHAMA, dans la commune de Ngaba, qui ont échappé à des tirs de balle des agents des services de sécurité lancés à leur recherche ; 9 25. De même, Madame Aurore LUBADIKA KISOLOKELE a été enlevée dans la commune de Limete toujours à cause de l'affaire « MUKUNGUBILA ». Elle se serait échappée, alors que son mari, Monsieur Didier MAZELA TSHIAMA, menacé d'arrestation lui aussi, vit en clandestinité ; 26. Madame MUBUABU KINZANZA Annie, soupçonnée d'être adepte de l'église du prophète Joseph MUKUNGUBILA, a été soumise à des menaces sans pitié par les agents des services de sécurité alors que son mari, Monsieur MBALA Didier, membre de ladite église, est porté disparu. Madame MUBUABU KINZANZA Annie a fui son domicile pour vivre en clandestinité ; 27. Signalons aussi que dans la lignée des adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA, Monsieur MAZELE BAY Jean, marié à Madame BILONDA MUA KABEYA, est activement recherché par les services de sécurité car il est soupçonné d'être de l'église dudit prophète et a connu de sérieuses menaces et attaques sur sa personne occasionnant ainsi sa fuite et sa vie en clandestinité ; 28. Madame jolie MOENDO ILUNGA, adepte active de l’Eglise de Jésus-Christ du prophète Joseph MUKUNGUBILA, est activement recherchée et portée disparue pour sa prétendue participation dans les attaques du 30 décembre 2013. Son mari, Monsieur Dieudonné ILUNGA MASSANGU, a été arrêté à son domicile dans la nuit du 20 février 2014 par des agents de l’ANR à la recherche de son épouse. Monsieur ILUNGA MASSANGU est toujours détenu jusqu’à ce jour dans les locaux de l’ANR situés dans l’immeuble ex-UZB dans la commune de la Gombe ; 29. Monsieur Chanel IKONGO, adepte de la même église, a été recherché à son domicile de l’avenue Mawana dans la commune de Ngaliema dans la nuit du 31 décembre 2013 alors qu’il était absent. Les membres de sa famille présents, notamment son épouse, Madame Betty NZAMBA NGALULA, ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants de la part des agents des services de sécurité ; 30. Mademoiselle OLENGA LUSAKUENO Magalie : adepte de l'Eglise du Prophète Joseph MUKUNGUBILA, recherchée en marge des attaques du 30 décembre 2013, a échappé à un enlèvement en date du 10 janvier 2014 et elle est portée disparue ; 34. Madame Micheline MUKADI MOKA, soupçonnée d’être adepte de l'église du prophète Joseph MUKUNGUBILA a été victime d’un enlèvement le 31 décembre 2013 devant son domicile. Elle est activement recherchée depuis lors par sa famille biologique ; 35. Monsieur Tonton MIKONDE SAMBA, résidant habituellement à Kinshasa, est porté disparu avec sa fille ainée, Mademoiselle Nathalie SANDOKA MOLASI, à cause de ses relations privées avec des adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA ; 36. Monsieur Mike KITIMA SAGU, membre de l'église de Joseph MUKUNGUBILA, a été tué sommairement dans sa résidence sise dans la commune de LEMBA en date du 09 janvier 2014; 37. De même, Mademoiselle Annie LUBAO KINDAKA a été enlevée dans la commune de BARUMBU toujours à cause de sa prétendue participation dans l'affaire des adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA. Elle aurait eu la vie sauve grâce à une de ses voisines, Madame Niclette LUSAMBA MPOLA, et vit actuellement en clandestinité ; 38. Le soir du 31 du 31 décembre 2013, Madame FATY Marie Louise et sa fille Madame FATY ISABELLE ont été arrêtées dans leur domicile à Kasaa-Vubu puis emmenées dans un lieu inconnu. Madame FATY Marie Louise a été retrouvée morte le 10 janvier 2014, son corps a été abandonné dans la rue aux environs de la Commune de Kasa-Vubu. Son copain Monsieur LUVANGA BOZI, est aussi adepte du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire à Kinshasa. 10 39. Madame SANTIMA MAYUYU CAROLINE a été inquiétée à cause du rôle qu’elle a joué au cours du mouvement du 30 décembre 2013 en sa qualité de membre de l’église du Prophète MUKUNGUBILA. Elle est portée disparue jusqu’à ce jour. DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME VICTIMES Certains membres des ONG des droits de l'homme impliqués dans des enquêtes autour de cette affaire des adeptes de Joseph MUKUNGUBILA ont été soit arrêtés, soit enlevés, soit menacés ou vivent en clandestinité. Il s'agit notamment des cas ci-après : 1. Mademoiselle Bethy KABENA KABENGELE, membre de la SCCD (Synergie Congo Culture et Développement), activement recherchée par les services de sécurité après avoir échappé à un enlèvement en janvier 2014 ; 2. Madame Godé BENILA KAZADI, membre de la Ligue des Electeurs, et son mari, Monsieur Guive MAMPUYA KIASEMUA, portés disparus après avoir été victimes d'une tentative d'enlèvement ; 3. Monsieur MUSADI Jean, activiste des droits de l'homme et enquêteur au sein l'ONGDA ACRDH et adepte de l'église du Prophète MUKUNGUBILA est recherché avec ses collègues à cause de ses activités sur l'enquête des massacres des adaptes de l'église de MUKUNGUBILA. Une perquisition a été opérée à son domicile et les appareils informatiques et d'autres archives ont été emportés. Son épouse Madame MAPENDO Yollande est recherchée et accusée de complicité avec son mari se retrouvent tous dans le collimateur des services de sécurité et sont tous deux disparus; 4. Madame MBEMBA MASANKA Blandine, membre de l'ASF/RDC (Avocats Sans Frontières/RDC), qui a été enlevée et portée disparue depuis le 31 décembre 2013 ; 5. Madame LUNTADILA NTEKO Brigitte, activiste de droits de l’homme dans une association dénommée « Action Congolaise pour le Respect des Droits Humains » (ACRDH) se trouve dans le collimateur de service de sécurité à cause du rôle qu’elle a joué dans le cadre de ses activités militante. Son époux Monsieur KONGODA GOCHA Lamy a été menace et a connu un harcèlement croissant. Ils sont tous disparus ; 6. Messieurs BONDO TSHIMANGA Jean et MBEMBA André, membres du CDH opérant à l'antenne de Kinshasa, sont introuvables depuis qu'ils avaient commencé à enquêter sur les allégations des tueries aveugles perpétrées par les agents des services de sécurité dans le milieu des gens soupçonnés d'appartenir à l'église du prophète Joseph MUKUNGUB1LA. Leurs familles respectives, notamment leurs femmes, Mesdames NZASÏ LUNGELA Credo et TSHIBWABWA Norah, sont dispersées après avoir subi des persécutions cruelles ; 7. Quant à Monsieur MULAMBA Joseph, toujours membre du CDH et petit frère de Monsieur Grégoire MULAMBA responsable de la CDH, a été enlevé à l’aéroport de Lubumbashi dans le cadre de ses activités au sein de son organisation, alors qu'il tentait de s'enquérir du sort des gens arrêtés et détenus par les services de sécurité dans le cadre de l'affaire Joseph MUKUNGUBILA où il est supposé être complice. D’autres membres de cette organisation ont été harcelés et inquiétés à Kinshasa et plusieurs actions ont été aussi entreprises à ce sujet par les ONGDH au vu des éléments en notre possession. Sa famille résidant à Kinshasa et tant d’autres, dont son épouse, Madame KABALE ERYNA Mamou, a subi des représailles de la part des services de sécurité à Kinshasa et vit toujours en clandestinité ; 11 8. Madame MASINOA Sandrine, membre et enquêteur au sein d’ACRDH, a été enlevée alors qu'elle voulait s'enquérir du sort des gens arrêtés et détenus à l'ANR/Kinshasa dans le cadre de l'affaire Joseph MUKUNGUBILA. Sa famille résidant aussi à Kinshasa, dont son époux KAMBALE MASIKA Maurice, a subi des représailles de la part des agents des services de sécurité. II. Opération dite « LIKOFI » Vers la mi-novembre 2013, des véhicules pick-up de couleur sombre et sans plaque d’immatriculation, avec à leur bord des hommes en tenue militaire portant des cagoules et fortement armés, circulaient dans les rues de Kinshasa à la recherche des jeunes voyous communément appelés « Kuluna » qui opèrent en bandes organisées semant l’insécurité et la désolation dans la population à Kinshasa. Des sources sûres, il apparaît que des jeunes gens ont été tirés de leurs maisons nuitamment et certains autres arrêtés dans la rue. La plupart des jeunes « kuluna » arrêtés ont été exécutés sommairement devant leurs parents contraints d’observer la scène sans pleurer, ni organiser un deuil et les corps étaient abandonnés pendant plusieurs heures devant la parcelle familiale avant que les mêmes escadrons de la mort reviennent pour les embarquer vers une destination inconnue. Certains jeunes gens enlevés ont été emmenés vers des destinations inconnues et sont introuvables à ce jour. Cette opération a duré plusieurs mois et a causé la mort de plus de 200 jeunes gens, exécutés sommairement, et plusieurs centaines des disparitions. Au début de l’opération, des officiers de la Police Nationale Congolaise ont été vus à la télévision se vantant de faire « une traque professionnelle » contre toutes les bandes des brigands qui sèment la terreur à Kinshasa. Ci-dessous nous présentons une liste non exhaustive des cas dont nos organisations ont été saisies. Il s’agit notamment : A. Personnes exécutées sommairement : 1. Monsieur AKA BAZUNGULA Wilka, né le 18 novembre 1994, fils de Monsieur AKA BAZUNGULA AKA et de Madame LIFA Wivine, résidant sur l’avenue Baobab n° 13, Quartier Kauka, commune de Kalamu, a été exécuté dans la nuit du 24 au 25 novembre 2013 aux environs de 01H00 du matin. En effet, Monsieur MPIA BONU, grand-père de l’infortuné, a entendu frapper avec insistance à sa porte. Après l’avoir menacé de casser la porte s’il n’ouvrait pas, ce dernier se résigna finalement à ouvrir et quatre policiers en tenue et portant des cagoules s’introduisirent dans la maison et demandèrent à Monsieur MPIA BONU d’allumer toutes les lumières. Ils commencèrent à fouiller toute la maison et se saisirent de Monsieur AKA BAZUNGULA Wilka et demandèrent aux autres membres de la famille de s’enfermer dans la maison. Après quelques minutes, ils entendirent deux détonations. Après le départ du véhicule, ils se précipitèrent dehors et trouvèrent le corps de l’infortuné abandonné devant la parcelle avec une blessure de balles au niveau de la hanche. Les voisins qui suivaient la scène depuis leurs maisons sortirent également et l’un d’eux, remarquant que la victime respirait encore, fit appel à son petit frère de se dépêcher pour l’emmener à l’hôpital. Le temps qu’ils s’apprêtaient, le pick-up de la Police est revenu et tout le monde s’est précipité pour s’enfermer chez lui. Quelques minutes après, le pick-up est reparti laissant le corps dans la rue. Aux environs de 05H00 du matin, les habitants sont encore ressortis pour trouver le corps sans vie de la victime. Pendant qu’ils se préparaient à emmener le corps à la morgue, un véhicule de la Police de la 12 commune de Kalamu est venu sur les lieux pour emmener le corps vers une destination inconnue et la famille sera interdite de faire le deuil ; 2. Messieurs Pépé AGBENI MAKILA, NGBALI ESSOBE Rambo, KANYINDA Léon, ENGWANDA Nico : tués dans les rues de la commune de Ngiri-Ngiri ; 3. Monsieur NSIMBA MAKOSO Junior : abattu sur l’avenue Ebola, quartier Terminus, commune de Lemba ; 4. Monsieur SOMBO KOMBO Hercule et Mademoiselle BANYANGA Diva : tués dans la commune de Kimbanseke. B. Personnes innocentes arrêtées, enlevées, portées disparues ou en fuite : 1. Monsieur BILENGA Steve et sa femme, Madame Chancine BAHATI MULUME, soupçonnés d’être des « Kuluna » pour avoir caché dans leur maison de la commune de Ngiri-Ngiri des jeunes gens du quartier traqués par la police, sont portés disparus après la visite violente des policiers à leur domicile dans la nuit du 16 novembre 2013. Un jeune du nom de Pépé AGBENI MAKILA a été abattu au cours de cette visite violente ; 2. Monsieur KAKUMI NGANGA Grâce, né le 07 juillet 1992, a été enlevé dans la nuit du 17 au 18 décembre 2013 vers 02H15 par une vingtaine de policiers parmi lesquels deux femmes. Sa famille est sans nouvelle de lui à ce jour ; 3. Presque de la même manière, Monsieur Jean-Luc MBAYO KATENGESHA et sa femme, Madame Dady MABASU ZOLA, soupçonnés faussement d’être des « Kuluna » et d’entretenir d’autres jeunes « Kuluna », ont été visités nuitamment à leur domicile de la commune de Lingwala en date du 16 novembre 2013. Madame MABASU a été arrêtée sur le champ avec deux autres jeunes, Messieurs Papy EKUTSHU BONGO et Nico KATOMPA MBELA, tandis que son mari a pu s’échapper et vit depuis en clandestinité ; 4. Dans la soirée du 20 novembre 2013, deux commerçants de la même famille, Monsieur NZEMBELE MUTOMBO et son frère Christian MBUYI et deux jeunes prétendument « Kuluna », Dido NZINGA MBOLE et Guy KILANGA MUTOSHI, ont été arrêtés au quartier Matonge dans la commune de Kalamu et emmenés vers une destination inconnue ; 5. Mademoiselle Maghally MOTAYO DIYABANZA, commerçante, et son frère Yannick MUIKA, habitant la commune de Kasa-Vubu, soupçonnés d’être ou d’entretenir des prétendus « Kuluna » et recherchés, ont disparu ; 6. Mademoiselle Dodo NSIMBA PASSY et son frère MUKENDI ATUYAKILA, accusés d’être des « Kuluna » dans le cadre de leur commerce des bijoux au marché Gambela, ont été arrêtés et portés disparus depuis le mois de décembre 2013 ; 13 7. Monsieur Pathy BOKAKO MALENGE, âgé de 21 ans, habitant la commune de Kalamu, a été enlevé dans la nuit du 23 au 24 décembre 2013. Après que les policiers aient escaladé le mur de la parcelle, ils intimèrent l’ordre aux occupants de faire sortir tous les garçons et un jeune du quartier du nom de NIDRA, qui jouait le rôle d’indicateur, va désigner l’infortuné dont les policiers vont se saisir dans une brutalité incroyable et l’embarquer dans leur véhicule pour une destination inconnue. La famille n’a plus aucune nouvelle de lui depuis lors; 8. Madame Flora KAMBA TSHISHIKU, membre de l’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) a été enlevée en date du 09 décembre 2013, alors qu’elle se rendait à sa boutique, sise à Lemba-Terminus. Elle avait été indignée de rencontrer des hommes en armes entrain de tabasser à mort un homme en marge de l’opération dite « Likofi ». Elle se mit à filmer cette scène avec son téléphone portable. Repérée par l’un des policiers, elle sera violemment interpellée et verra son téléphone arraché avec une violence inimaginable et elle est dans le collimateur du pouvoir en place; 9. Monsieur KABWE BEYA Fortunat, avocat de son état et enquêteur de l’OCDH a été enlevé le 09 décembre 2013 par des éléments de l’ANR et amené vers une destination inconnue ; 10. Monsieur Glodi LOKUA, âgé d’environ 24 ans, domicilié sur l’avenue Bukama n° 92 dans la commune de Ngaba, a été enlevé dans la nuit du 17 au 18 décembre 2013 vers 02H30 par une vingtaine de policiers dont certains cagoulés parmi lesquels deux femmes, à bord de deux pick-up. Après avoir investi le domicile familial, ils se sont saisis du jeune homme pour une destination inconnue ; 11. Monsieur ISSA MUBIALA ABUSA, né le 25 août 1991, a été enlevé suivant le même mode opératoire par des policiers cagoulés et embarqués vers une destination inconnue ; 12. Monsieur KAPUDI Djo, né le 19 octobre 1998, a été enlevé dans la nuit du 17 au 18 décembre 2013 vers 02H30, une dizaine de policiers dont sept cagoulés se sont introduits dans leur maison à la recherche de deux jeunes garçons, l’un répondant au nom de Djo et l’autre Kilo. Ayant retrouvé Monsieur KAPUDI Djo, ils l’embarquèrent sur ordre d’un capitaine. Ce jeune homme est porté disparu depuis lors ; 13. Monsieur MAKITA LOLOLIYE Glodi, né le 1er mars 1991, a été enlevé dans la nuit du 23 au 24 décembre 2013. En effet, les policiers se sont introduits dans la parcelle familiale, sise au n° 13, avenue Bahumbu, quartier de Yolo-Nord dans la commune de Kalamu, par la porte de derrière et ont menacé de tirer si on n’ouvrait pas la porte de la maison. Dès que la porte fut ouverte, les policiers se sont éparpillés dans les chambres en réveillant les jeunes par des gifles, puis ont pointé du doigt Monsieur MAKITA LOLOLIYE Glodi pour l’emmener sous fortes menaces instruisant aux parents de fermer les portes. Depuis lors, le jeune homme est porté disparu ; 14. Monsieur DIKAPEL PADIC Daddy, né le 02 août 1987, a été enlevé dans la nuit du 23 au 24 décembre 2013 vers 02H50 par des policiers cagoulés et embarqué dans leur véhicule pour une destination inconnue. Le jeune homme est introuvable à ce jour ; 14 15. Docteur Papy SONDE BOSIDI a été arrêté et détenu au camp Lufungula pour avoir pris des photos et voulu secourir des enfants dits « Kuluna » traqués dans la commune de Lemba. Humilié lors de sa courte détention, il a fustigé sévèrement dans les médias les actes cruels des hommes du général Célestin KANYAMA et mis en cause ce dernier en personne. Il a disparu depuis lors, alors que son épouse, Madame Chouchou MUSWAMBA NYEMBO, infirmière de son état et accusée de complicité avec son mari, a fui leur domicile pour échapper aux représailles ; 16. Monsieur Ori NDOMBA EBONGO, habitant la commune de Kasa-Vubu, a été arrêté en décembre 2013. Sa femme, Madame Odette BOTEWA DIYANZA, est portée disparue depuis lors ; 17. Messieurs Dieu-Merci BIKOLO et Bavon BOKINGO, tous deux habitant la commune de KasaVubu, sont portés disparus depuis le mois de décembre 2013 ; 18. Mademoiselle Joella LEMA ZOLA, infirmière à la clinique Saint Gabriel de Lemba, témoin oculaire des tueries aveugles des jeunes gens par les policiers dans la commune de Lemba, a été recherchée activement à son domicile et à son lieu de travail. Elle vit en clandestinité ; 19. Mademoiselle MUKUNDI KABENGELE Mimi, habitant la commune de Matete, est portée disparue depuis le mois de décembre 2013 ; 20. Monsieur Martin KABONGO KALALA, enquêteur de l’OSD (Œuvres Sociales pour le Développement), qui avait rencontré l’infirmière Joëlle LEMA ZOLA dans ses enquêtes et qui aurait détenu des preuves, avec des photos à l’appui, sur les tueries gratuites des jeunes gens soupçonnés d’être des « Kuluna » et les ayant dénoncées dans les médias, a été enlevé et emmené vers une destination inconnue depuis la fin du mois de novembre 2013. Sa femme, Madame Niclette DOUMA MASAKA, menacée et recherchée, est en fuite ; 21. Dans le même chapitre, Madame Mathilde BONGO MUALIMANYA, membre de l’OSD aussi, est portée disparue depuis le 19 novembre 2013 pour avoir porté assistance à Monsieur ETUMBA LUPA Tukurus, un commerçant de la commune de Masina, accusé d’être un « kuluna ». Celui-ci, traqué, a aussi disparu après avoir été recueilli à l’OSD-CLINIC. Quant à Monsieur Guylain BOYOMBE BOKETSHU, mari de Madame Mathilde BONGO MUALIMANYA, il a été menacé à son tour et recherché chez ses parents dans la nuit du 25 novembre 2013. Il vit depuis en clandestinité par crainte de représailles ; 22. Mademoiselle BEKOFE Silvia, habitant la commune de Masina, a été arrêtée nuitamment au début du mois de décembre 2013. Sa famille n’a pas ses nouvelles ; 23. Mademoiselle BITSHI Rose, résidant au N° 13 de la 3ème Rue du quartier Kimbangu dans la Commune de Kalamu, est aussi portée disparue depuis le mois de novembre 2013 où elle a été recherchée à son domicile et soupçonnée d’être une « kuluna » ; 24. Madame Pauline MOBELE MOTALI, commerçante, soupçonnée d’entretenir des bandes des « Kuluna », traquée sans pitié par les hommes du général KANYAMA, a fui son domicile pour vivre en clandestinité ; 15 25. Monsieur ALOKI Hilaire, habitant la commune de Ngiri-Ngiri, a été enlevé et torturé au mois de février 2014 ; 26. Monsieur HORLY BUKINDI, domicilié sur l’avenue Mosamba N°87 dans la commune de NGABA, a été arrêté et tué en date du 15 janvier 2014 ; 27. Mademoiselle Sylvie LINDA, habitant la commune de Kimbanseke, a été arrêtée pendant la journée et emmenée vers une destination inconnue au début du mois de mars 2014 ; 28. Monsieur MUBIAYI MUTOMBO Alex, cambiste au Marché de Lingwala, a fui le pays après avoir été recherché au domicile de sa mère dans la commune de Lingwala dans la nuit du 21 mars 2014. Son frère Joël KASTTOR MUBIAYI, qui s’était replié en Angola avec sa mère, a été interpellé à la frontière de Moanda au mois de juillet 2014 par les services de sécurité. Il est parvenu à s’échapper et vit désormais dans la clandestinité ; 29. Monsieur OMARI WABO Claude, habitant la commune de Barumbu, a été arrêté en décembre 2013. Son père, Monsieur KIBOKO Mike, est porté disparu depuis lors ; 30. Monsieur Serge KABASELE, habitant la commune de Kasa-Vubu, est porté disparu depuis le mois de décembre 2013 ; 31. Monsieur LUNZAMBA NGIMBI Patrice a été arrêté dans la nuit du 08 janvier 2014 et emmené à un lieu inconnu. Il est porté disparu jusqu’à ce jour. Sa cousine MWANGU Irène, recherchée elle aussi, vit dans la clandestinité, tandis que sa mère, Madame WAKU MBUTA Rose, une vieille dame de plus de 70 ans, a été persécutée physiquement et moralement et vit désormais dans la clandestinité pour échapper aux menaces de représailles proférées par les services de sécurité ; 32. Monsieur SIKAWA BANGI Jules, habitant la commune de Kalamu, a été arrêté et torturé en mars 2014 ; 33. Mademoiselle Patience OPANGO, ménagère, vit en clandestinité à cause des menaces et harcèlement qu’elle a eus suite aux soupçons d’avoir hébergé des personnes recherchées par la police ; 34. Monsieur ETUMBA LUPA Tukurus est porté disparu depuis le mois de novembre 2013 où il a été recherché à son domicile dans la commune de Masina et accusé d’être un « kuluna » ; 35. Monsieur KAKONGA MUSONI, habitant la commune de Ngaliema, a été enlevé et tué au mois de février 2014 ; 36. Monsieur Junior BOKANGA, habitant la commune de LEMBA, a été arrêté et demeure porté disparu jusqu’à ce jour ; 16 37. Monsieur Delphin KAZENDE est porté disparu depuis le mois d’avril 2014 où il a été arrêté à son domicile de la commune de Lingwala et accusé d’être un encadreur des « kuluna ». Sa mère a indiqué que les agents des services de sécurité étaient également à la recherche de son frère, Monsieur EBAL EBAY Sylvestre, recherché depuis sa prétendue implication dans l’affaire « Armand TUNGULU » ; 38. Monsieur ADAM MUAYI Emmanuel, recherché à son domicile du quartier 8 de la commune de N’djili au mois de novembre 2013 par les forces de police qui le soupçonnent comme « kuluna », est porté disparu depuis lors ; 39. Messieurs TANDROA KANDE Patty et Placide LUKUSA BUMBA, membres d’ACRDH œuvrant à l'antenne de Kinshasa, sont recherchés et demeurent introuvables depuis qu'ils avaient commencé à enquêter sur les allégations des tueries aveugles perpétrées par les agents de la Police Nationale Congolaise dans les milieux soupçonnés d'héberger les civils présumés « KULUNA ». Leurs familles respectives s’inquiètent de leur sort ; 40. Monsieur NGUNZA NDOLO Freddy, est toujours recherché par le service de sécurité après non évasion pour son rôle joué dans le parti UDPS et son prétendu chef de bande de Kuluna. Son oncle qui a contribué à sa fuite se trouve présentement dans le collimateur des services de sécurité ; 41. Monsieur KIKASU MWENGI Silva, membre du parti principal de l’opposition UDPS, est accusé et recherché par les services de sécurité pour des propos tenus sur la propagation des fausses informations et incitation à la violence sans preuve ; 42. Madame, MFINDA BIZANZA Chantal, proche de Monsieur Christopher NGOYI MUTAMBA, Président de la plate-forme Nouvelle Société Civile de la RDC « NSCC » est accusée pour son implication et soutien direct au meeting organisé en date du 04 août 2014 par Messieurs Martin FAYULU, Vital KAMERHE et Christophe NGOYI MUTAMBA. Aujourd’hui, Madame MFINDA se trouve dans le collimateur des services de sécurité et est portée disparue ; 43. Monsieur KABEYA KONGOLO accusé d’être Kuluna en complicité avec son épouse Madame NGASIA ZENGA Euphrasie pour avoir soutenu et entretenu un groupe de jeune gens supposé de Kuluna dans le cadre de ses activités sont toujours recherchés et se trouvent dans le collimateur de services de sécurité. Ce couple vive toujours en clandestinité jusqu’à ce jours ; 44. Monsieur Justin ILINGIO, militaire de son était, a été accusé d’être un encadreur des « kuluna ». Recherché à son domicile du quartier Liberté de la commune de Limete, il est porté disparu jusqu’alors, tandis que sa mère, Madame Agathe NZUZI, une vieille femme de plus de 70 ans, a été torturée physiquement et moralement et menacée de représailles. Elle vit désormais dans la clandestinité pour échapper aux recherches des services de sécurité. III. AFFAIRE DES REBELLES DU M23 Alors que le Gouvernement se félicite de l'application de la loi d'amnistie de février 2014, des informations en notre possession indiquent que Monsieur Marcus TADJAMBA ELUHU, accusé de collaboration active avec les rebelles du M23 à Goma au mois de septembre 2012, est toujours détenu en secret dans les cachots du camp militaire Tshatshi. Sa sœur Nathalie MBULU PASU et sa nièce Jolie TAMANGANA ELUHU, sont toujours recherchées et portées disparues pour leur prétendue complicité active avec Monsieur Marcus TADJAMBA. Il y a lieu de rappeler ici que les membres de la famille MBULU PASU sont toujours dans le collimateur des services de sécurité pour leur activisme politique contre les différents régimes politiques qui se sont succédé en RDC. L'assassinat de Monsieur Laurent MBULU PASU à Kisangani dans la nuit du 12/11/2012 n'est toujours pas élucidé jusqu'à ce jour. 17 IV. TRAQUE DES OPPOSANTS 1. Messieurs Bijou MISSIALA et Kevin MISSIALA, jeunes membres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), ont été arrêtés le 10 mars 2013 en marge de la manifestation organisée par l’opposition à l’occasion du retour de Monsieur Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA à Kinshasa après un séjour en Afrique du Sud et accusés de faire partie du groupe de Monsieur Freddy PINDI, responsable des jeunes dudit parti, prétendument chargé de chercher des armes et procéder au recrutement des militaires pour aider Monsieur Etienne TSHISEKEDI à retrouver l’ « imperium » de son pouvoir usurpé par Monsieur Joseph KABILA. Ils sont portés disparus à ce jour. Leur sœur Bellive MISSIALA, arrêtée aussi le même jour, mais relâchée le lendemain, a échappé de nouveau à une arrestation dans la nuit du 29 mars 2013 de la part des policiers qui ont effectué une descente au domicile de ses parents. Elle vit dès lors en clandestinité ; 2. Accusé de subversion et d’incitation à la violence lors de l’attaque de l’Ambassade de la RDC par des « combattants » à Moscou en Russie le 12 décembre 2011, Monsieur Platini TSHIMPUMPU MBAYA, alors Président des étudiants congolais de Moscou, était rentré à Kinshasa en date du 25 août 2013 en comptant sur le climat de détente créé dans le pays par la tenue annoncée des concertations nationales. Mais il vit aujourd’hui en clandestinité après avoir échappé à une arrestation dans la soirée du 27 août 2013 à l’appartement de son ami Trésor MAMPUYA dans la commune de la Gombe et chez sa mère dans la commune de Limete deux jours après son arrivée à Kinshasa. Son ami Trésor MAMPUYA et sa copine Julia NGIA BWARA, qui l’avaient hébergé, ont été sérieusement torturés. Monsieur Trésor MAMPUYA, blessé, a dû être hospitalisé pour des soins, tandis que Mademoiselle Julia NGIA BWARA, menacée de viol et traumatisée, vit en clandestinité ; 3. Monsieur Didier TEME-TEME MPIA, agent de l’Agence Nationale de Renseignements/Kin (ANR/Kin), est porté disparu depuis le mois de janvier 2013 après avoir été arrêté et torturé atrocement dans le cachot de l’ANR/Gombe. Les enquêtes en cours détermineront le motif de son arrestation ; 4. Plusieurs militants de l’opposition, notamment du parti politique « Ecidé » de Monsieur Martin FAYULU, qui avaient participé à la manifestation du 01 septembre 2013 dans le cadre de l’opération « Touche pas à mon 220 et pas de présidence à vie en RDC », ont été arrêtés brutalement et acheminés au camp Lufungula. La plupart sont portés disparus depuis lors. Il s’agit de : - Monsieur Jules MBUNDU de la commune de Kinshasa ; - Monsieur André KALALA KAYISHA de la commune de Bumbu ; - Mademoiselle Nadine NDRUZI de la commune de Kalamu ; - Monsieur Anaclet KINZONZI MBENZA de la commune de Bandalungwa ; - Mademoiselle SANGI BASUAMINA de la commune de Kasa-Vubu ; - Monsieur MBANZIKISA BASUAMINA de la commune de Kasa-Vubu ; - Monsieur Lionel MUANZA MASAKI de la commune de Kasa-Vubu ; - Monsieur Pierre OKENDA SHONGO de la commune de Limete ; - Madame Ursule KAPINGA MUANA de la commune de Ngaliema ; - Monsieur Charles SHUNGU OKITO de la commune de Kasa-Vubu ; 18 5. Madame Dada KALENGA, commerçante de son état, a été arrêtée et torturée pour sa proximité supposée avec Monsieur Christopher MUTAMBA NGOY de la SCCD (Synergie Congo Culture et Développement) et de Vital KAMERHE de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) à qui elle fournirait des infractions sur les exactions commises par les militaires des FARDC à l’Est du pays. Son mari, Monsieur Verland MAYELE, menacé et activement recherché, a disparu ; 6. Monsieur MABAKA LUTETE Paul, proche du Rassemblement des Congolais Démocrates et Nationalistes (RCDN) de Monsieur Roger LUMBALA, a été arrêté par une escorte des militaires de la Garde Républicaine accompagnés des agents des services de sécurité en civil, dans la nuit du 16 novembre 2012 pendant qu’il assurait bénévolement la sécurité des installations de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), propriété de l’opposant Roger LUMBALA. Accusé de complicité active avec Monsieur Roger LUMBALA des chefs de trahison et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, Monsieur Paul MABAKA LUTETE a été détenu dans un cachot souterrain du camp Tshatshi où il a été victime des sévices innommables, notamment du viol collectif répétitif de la part de ses tortionnaires. Admis à l’hôpital militaire du camp Kokolo des suites de ses tortures, il est porté disparu depuis lors. V. AFFAIRE « BAKATA KATANGA » 1. Madame Nathalie BABEMBA KABANGA, collaboratrice du Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire (CDH) fonctionnant à Lubumbashi, a été arrêtée par les services de sécurité pour sa prétendue complicité avec les insurgés BAKATA KATANGA. Elle aurait profité de son commerce dans certaines localités de la province du Katanga pour jouer le rôle d’informatrice auprès de ces insurgés. Les persécutions contre Madame BABEMBA ont atteint son mari resté à Kinshasa. En effet, Monsieur Hardi MULUME NAFRANKA est porté disparu après avoir reçu la visite et des menaces de la part des agents des services de sécurité ; 2. Monsieur NDUKU MPUTU Paul, membre du CDH, a fait lui aussi l’objet d’un enlèvement en décembre 2013 de la part des agents des services de sécurité qui l’accusent aussi d’être en intelligence avec les « Bakata Katanga ». Nous apprenons que son épouse, Madame Jacquie KAYAYA BUABUA, recherchée après avoir reçu des menaces de représailles de la part des services de sécurité, vit jusqu’à ce jour en clandestinité ; 3. Messieurs DENDE OLWA Boniface et DJONGA DENDE Emile, accusés de complicité avec les insurgés BAKATA KATANGA qui avaient tenté d’assiéger la ville de Lubumbashi le 23 mars 2013, ont été appréhendés et transférés à Kinshasa au mois de juin 2013. Leur frère, Monsieur DENDE DJONGALUMU Paul, accusé lui aussi d’être impliqué dans les actions d’insurrection des BAKATA KATANGA, a été recherché par la police de Lubumbashi au mois de septembre 2013 et porté disparu jusqu’alors. Sa femme, Madame Thérèse CIKANYA MIVILU, également recherchée dans le cadre de l’affaire des adeptes du prophète Joseph MUKUNGUBILA, est introuvable. VI. AFFAIRE RENE KAHUKULA L’affaire René KAHUKULA et son évasion du cachot de la Police d’Intervention Rapide (PIR) n’a toujours pas livré tous ses secrets. Nous apprenons que Monsieur Papy KAZADI KALONJI, enquêteur de Toges Noires enlevé depuis le 20 octobre 2012, est signalé actuellement dans les cachots de la Garde Républicaine dans l’immeuble ex-GLM. Son épouse, Madame Vanessa LUFUMA MUDIANGU, est toujours portée disparue. Si Monsieur Papy KAZADI KALONJI est détenu dans les locaux de l’immeuble ex-GLM, il y a de fortes probabilités de penser que Madame Pauline MAYAMBA MUNGU doit s’y trouver aussi, parce 19 que celle-ci, enquêtrice aussi de Toges Noires, avait été enlevée en même temps et le même jour que Monsieur Papy KAZADI KALONJI. Dans le cadre de l’enquête relative à la même affaire et aux accusations fallacieuses portées contre Monsieur KAHUKULA, les autorités congolaises ont actualisé des dossiers des membres de l’ADEPAD ayant des antécédents judiciaires avec les services de sécurité. C’est le cas notamment de Monsieur Claude NDANGI MINGIEDI, membre de l’ADEPAD toujours activement recherché. Comme beaucoup d’autres, Monsieur NDANGI n’est pas concerné par la loi d’amnistie de février 2014. Une recommandation a été faite au Ministre de l’Intérieur à ce sujet. VII. AFFAIRE DES « 13 CONSPIRATEURS » DE JANVIER 2013 1. Monsieur Christian BOKAKALA et son épouse, Madame Hélène HANYANGE OMATOKO, ont été torturés pour avoir hébergé à leur domicile de la commune de Lingwala Monsieur Danny KABEYA TSHITEYA, membre de la Synergie Congo Culture et Développement (SCCD), recherché depuis février 2013 pour sa prétendue participation à la tentative d’élimination physique du Président Joseph KABILA par le fameux groupe de « 13 conspirateurs » de janvier 2013. On est toujours sans nouvelles de lui et de sa femme, Madame Mireille TCILOUMBA, depuis lors. Monsieur Christian BOKAKALA a été arrêté dans la nuit du 05 mars 2013, mais il aurait réussi à s’échapper pour vivre en clandestinité, tandis que sa femme, Madame Hélène HANYANGE OMATOKO, torturée dans la nuit du 06 mars 2013, a fui son domicile par crainte des représailles ; 2. Mademoiselle LUKUSA MASENGU Danny a été recherchée à son domicile de la commune de Lemba à l’aube du 06 juillet 2013 par des policiers bien armés pour avoir hébergé et caché chez elle Monsieur Trésor KAYEMBE KASONGO, membre de l’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH), arrêté, évadé et recherché lui aussi pour sa prétendue implication dans la tentative avortée d’assassinat du Président Joseph KABILA attribuée au groupe de 13 « conspirateurs ». Elle vit désormais en clandestinité par crainte des représailles et des persécutions ; 3. Le monde associatif des droits de l’homme est toujours sans nouvelles de Monsieur Richard MAKELA NTU MPOLO, membre d’ASF/RDC, enlevé au mois de janvier 2013 en marge de l’affaire de tentative de coup d’Etat contre le Président Joseph KABILA par le même groupe de « 13 conspirateurs » dans la commune de Kimbanseke. Les services de sécurité avaient recherché aussi son épouse, Madame Grâce KOTADIA LUSAMBA, qui est portée disparue jusqu’à ce jour. VIII. AFFAIRE DU DOCTEUR JEAN-PIERRE KANKU MUKANDI Dans leur rapport conjoint intitulé « L’emprisonnement ou l’exil : quand l’intolérance prime sur la raison », publié le 30 juin 2013, la Ligue des Electeurs et l’Observatoire Congolais des Droits humains (OCDH) avaient fait état de l’arrestation et de la détention de Monsieur Jean-Pierre KANKU MUKANDI, un médecin belge d’origine congolaise, et de Monsieur Isidore MANDIMBA MONGOMBE, accusés d’espionnage et de complot pour attenter à la vie du Président de la RDC, Monsieur Joseph KABILA. Alors que Monsieur Isidore MANDIMBA a bénéficié de la loi d’amnistie de février 2014, contrairement à Monsieur Jean-Pierre KANKU qui croupit encore en prison, des informations récentes en notre possession20 font état paradoxalement de l’enlèvement et de l’interpellation de plusieurs personnes en marge de cette affaire. Il s’agit notamment des cas ci-après : 1. Pour rappel, Messieurs Gabriel POMBO et Devos MUSSOBA ASAMBA ont été enlevés par des agents des services de sécurité roulant à bord d’un véhicule 4x4 en date du 05 mars 2013 devant l’atelier de réparation et de vente des appareils électroménagers appartenant à ce dernier et emmenés vers une destination inconnue jusqu’à ce jour. Depuis cet enlèvement, l’épouse de Monsieur Devos MUSSOBA ASAMBA, Madame Cathy AKENDA SHUNGU, est l’objet des recherches intenses de la part des agents des services de sécurité tant à son lieu de travail à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo) qu’à son domicile de la commune de Matete depuis qu’elle avait échappé elle-même de justesse à un enlèvement par des agents des services de sécurité venus à sa recherche à son domicile dans la nuit du 08 au 09 mars 2013. L’épouse de Monsieur Gabriel POMBO, Madame Nacha MAKABI NGONGI, quant à elle, demeure toujours dans le collimateur des services de sécurité qui la recherchent activement ; 2. Monsieur Trésor KONGOLO et son épouse, Madame Bobette BANDJIMAKA NGUDI, sont l’objet des menaces à ce jour par les services de sécurité. On leur reprocherait d’avoir hébergé à leur domicile de la commune de Matete le Capitaine Christian SIBOKO recherché et soupçonné d’appartenir au groupe du Docteur Jean-Pierre KANKU MUKANDI. Monsieur Trésor KONGOLO, après avoir été arrêté sur son lieu de travail au centre ville de Kinshasa en date du 13 août 2013, aurait réussi à s’échapper de son lieu de détention et vit dès lors en clandestinité. Son épouse, Madame Bobette BANDJIMAKA NGUDI, après avoir été affreusement torturée à son domicile dans la nuit du 14 août 2013 pour dévoiler la cachette de son mari, a choisi de vivre dans la clandestinité par peur des représailles ; 3. Les visites incessantes des personnes suspectes continuent à s’opérer au domicile de Monsieur Olivier MUTATA LUFUA, sis n° 10, avenue Munoka dans la commune de Lemba, dont l’épouse, Madame Mireille KULAPA MWANANDEKE, est portée disparue dans des circonstances non élucidées à ce jour dans le cadre de l’affaire « Docteur KANKU MUKANDI Jean-Pierre ». La Ligue des Electeurs condamne cet acharnement ; 4. Monsieur Magloire LUAMBA MPUANGA est recherché depuis la nuit du 01 mars 2013 pour avoir cédé sa maison de Righini dans la commune de Lemba en février 2013 au Capitaine Christian SIBOKO recherché et soupçonné d’appartenir au groupe du Docteur Jean-Pierre KANKU MUKANDI. Il vit dans la clandestinité depuis que sa maison a été saccagée et ses parents torturés pour révéler l’endroit où il se cacherait ; 5. Madame Mimi KABEYA, mise en cause par rapport à ses relations avec le Capitaine Christian SIBOKO, aujourd’hui disparu, est toujours recherchée activement par les services de sécurité ; 6. Madame BANDIENDELE KANDE Chimène est toujours activement recherchée au travers des membres de sa famille qui sont harcelés par des agents des services de sécurité. 21 IX. AFFAIRE « ROCKSY TSHIMPAKA » CONTRE LE GENERAL CELESTIN KANYAMA 1. Monsieur Rocksy TSHIMPAKA, cambiste de son état et un des informateurs de la Ligue des Electeurs (LE), a été retrouvé assassiné dans la rue dans la nuit du 19 septembre 2013 en face de l’Eglise Saint-Raphaël, quartier 20 mai dans la commune de Kalamu, après avoir été enlevé par des hommes armés en tenue policière et d’autres en civil, non loin de la Station-Service de Kintambo/Ma Campagne alors qu’il se rendait à un rendez-vous chez un de ses amis. Monsieur Rocksy TSHIMPAKA avait dénoncé en décembre 2012, avec un groupe d’autres cambistes, des exactions et des assassinats gratuits commis impunément dans la ville de Kinshasa par le Général KANYAMA et ses hommes, notamment l’assassinat de Monsieur BOB SILA, un cordonnier qui travaillait à proximité de la même Station-Service de Kintambo/Ma Campagne ; 2. Cambiste également appartenant au groupe de Feu Rocksy TSHIMPAKA, Madame Lucie TEME-TEME a été recherchée chez son beau-frère, le Colonel YOKA-E-IKOTAMA, à sa résidence de la commune de la Gombe en date du 26 juillet 2013 par des policiers à la solde du Général Célestin KANYAMA. Alors qu’elle vivait déjà cachée, elle a été de nouveau recherchée chez sa mère dans la nuit du 27 octobre 2013 un mois après l’assassinat crapuleux de Rocksy TSHIMPAKA ; 3. Madame Félicité NGANDU KATOMPA, cambiste de son état, vit en clandestinité après avoir reçu des appels anonymes de menaces pour avoir participé au groupe des cambistes conduit par Feu Rocksy TSHIMPAKA ayant dénoncé des assassinats et autres exactions perpétrés dans la ville de Kinshasa par le Général KANYAMA et ses hommes. Recherchée à son domicile du quartier 13 dans la commune de N’djili dans la nuit du 28 juillet 2013, on y a trouvé son mari, Monsieur Chérin MAYAMONA DEYE, qui a été torturé atrocement et qui vit lui aussi désormais en clandestinité. Les parents de Monsieur MAYAMONA DEYE ont eux aussi été torturés dans la nuit du 01 août 2013 par des agents des services de sécurité toujours à leur recherche ; 4. Monsieur MUNDELE LUFUANKENDA Ricky, cambiste proche de Feu Rocksy TSHIMPAKA et habitant la commune de Ngiri-Ngiri, a reçu des menaces de mort anonymes par téléphone. Il est porté disparu à ce jour et son épouse, Madame Nono NKANDI BANONA, a été torturée à leur domicile dans la nuit du 30 septembre au 01 octobre 2013 par des policiers à la recherche de son mari. Par peur de subir à nouveau des sévices, elle a fui sa maison avec ses enfants. X. AUTRES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS ET ATTAQUES CONTRE LES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS 1. Madame MBA LANDU Lili, commerçante de son état, domiciliée au n° 36 D, Quartier Viaza dans la commune de Matete, a été enlevée à son domicile, en date du 23 novembre 2013, par des agents de l’ANR, au motif qu’elle fournissait des produits pharmaceutiques à la rébellion conduite par le Colonel John TSHIBANGU au Kasaï-Oriental et donc, de ce fait, collaborerait avec ce mouvement tendant à déstabiliser le régime en place. Embarquée dans un pick-up par ses agresseurs, elle a été emmenée vers une destination inconnue ; 22 2. Monsieur Fortunat KASONGO NDAW, journaliste de la radio communautaire RTAS, arrêté en 2012 pour participation à un mouvement insurrectionnel et libéré par amnistie le 30 avril 2014, est de nouveau recherché pour avoir organisé une rencontre où il a fait une déclaration politique musclée contre le pouvoir de Kinshasa sur la vérité de son arrestation, violant ainsi son engagement d’amnistie. Monsieur Fortunat KASONGO est porté disparu et les ONG des droits de l’homme craignent le pire pour lui ; 3. Madame NGALULA TSHIANDA et son mari, Monsieur KINSALA LUILA Aly, sont activement recherchés par les services de sécurité et les agents de l’ANR pour avoir organisé en date du 26 juillet 2014 à leur domicile de l’avenue Safricas N° 957 dans la commune de Lemba la rencontre où Monsieur Fortunat KASONGO a fait sa déclaration politique. Leur domicile a été perquisitionné de fond en comble et beaucoup de documents compromettants, notamment des copies de la déclaration de Fortunat KASONGO et les listes de tous les participants à ladite rencontre, ont été emportés par les agents des services de sécurité. Plusieurs membres du comité de soutien de Monsieur Fortunat KASONGO et du Conseil d’Administration de la RTAS ainsi que les participants à la rencontre du 26 juillet 2014 sont désormais dans le collimateur des services de sécurité ; 4. C’est dans le même contexte que Monsieur IBOKO LISASI Pitshou est accusé d’avoir collaboré avec Monsieur Fortunat KASONGO pour tentative d’entretenir un mouvement insurrectionnel en RDC au lendemain de sa libération sous amnistie le 30/04/2014. Monsieur IBOKO LISASI Pitshou, qui a joué un rôle capital dans l’organisation de la matinée de vérité sur l’arrestation de Monsieur Fortunat KASONGO du 26 juillet 2014, est toujours recherché par les services de sécurité et vit en ce jour en clandestinité. Sa résidence sur N° 5 bis dans le quartier Yolo-Sud, commune de KALAMU à Kinshasa, fait l’objet de plusieurs perquisitions ; 5. En outre, Monsieur MPUKILU CHATUR Claude est aussi recherché par les services de sécurité pour avoir participé à la rencontre du 26 juillet 2014. Il est soupçonné d’avoir collaboré avec Monsieur Fortunat KASONGO dans l’entretien du mouvement insurrectionnel du Colonel John TSHIBANGU. Il vit en clandestinité et sa vie est en danger ; 6. Monsieur LELO SAKALA Cedrick, militant actif du parti politique « UDPS », a été arrêté avec plusieurs autres personnes alors qu’il était allé accueillir son président qui revenait des Etats-Unis d’Amérique, Monsieur Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA. Après identification des détenus, il a été reconnu par son nom parmi les personnes recherchées par les services de sécurité depuis les élections de 2006 en RDC ; 7. Monsieur LUNTEZA Aimé est toujours traqué par un harcèlement croissant pour avoir donné des précisions sur les noms des personnes recherchées par l’ANR dans le cadre de ses activités ; Monsieur LUNTEZA vit en clandestinité jusqu’à ce jour ; 8. Deux jeunes garçons encore mineurs, Messieurs Sylvain MUTOKE LUMPUNGU et Emmanci NTUMBA LUMPUNGU, ont subi des persécutions de la part des services de sécurité et sont portés disparus depuis le mois de juillet 2014 à cause de leur père, un officier militaire des FARDC, arrêté et soupçonné de complicité dans l’attaque du Camp Tshatshi du 22 juillet 2014 ; 9. Messieurs Roger BOKUNGU BOLESE et Erick BOKUNGU MPUTU sont toujours dans le collimateur de la justice pour les faits qui datent déjà de 2012. Leur avocat est saisi à ce sujet et leur dossier est relancé au niveau des instances judiciaires et des services de sécurité; 23 10. Madame ZINIA FEZA PIERRETTE dont le dossier est relancé par les services de sécurité par l’harcèlement de ses membres de familles se trouve jusqu’à ce jour dans le collimateur des services de sécurité sans aucune raison valable ; 11. Monsieur Tharcisse NTUMBA TSHIBENGU, un enfant mineur de 16 ans, est porté disparu depuis qu’il a été menacé de représailles par son père, un officier militaire des FARDC, qui l’accuse de faire courir de faux bruits sur sa personne en complicité avec sa mère, Madame Thérèse MUJINGA TSHIBENGU, qui vit elle aussi en clandestinité depuis plusieurs années ; 12. Madame TSHIENDA WA TSHIENDA continue à être recherchée par les agents des services de sécurité suite à ses anciennes participations actives aux activités politiques de l’UDPS et des tracts trouvés dans son sac lors de son arrestation après les élections de novembre 2011 à Kinshasa ; 13. La famille de Madame Chantal MPIA MOSENGO, déplore pour les visites suspectes et un harcèlement croissant des agents des services de sécurité enregistrées depuis ce dernier temps sur les faits supposés de 2010 et 2011. Une enquête est en cours pour déterminer la cause exacte de cet acharnement au niveau des ONGs des droits de l’homme. 24 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS La situation des droits de l’homme demeure préoccupante en RDC. Les exactions de tous genres et graves violations des droits de l’homme dénoncées dans le présent rapport le démontrent suffisamment et cela demeure une source d’inquiétude pour les Organisations des droits de l’homme tant nationales qu’internationales. Il est donc impérieux que l’on se penche sérieusement sur la question afin que des enquêtes sérieuses et crédibles soient ouvertes pour établir les responsabilités à tous les échelons de l’Etat en vue de mettre enfin fin au cycle d’impunité qui gangrène la justice congolaise. Au regard des éléments ci-dessus, la Ligue des Electeurs et l’Observatoire Congolais des Droits Humains recommandent : Aux autorités congolaises : - De diligenter sans délai des enquêtes exhaustives, indépendantes, effectives, rigoureuses, impartiales et transparentes quant aux faits décrits ci-dessus, afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal indépendant, compétent et impartial conformément aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi; - De procéder à la libération sans délai de toutes les personnes enlevées et détenues illégalement dans les geôles du pouvoir ; - De procéder à la fermeture de tous les lieux de détention échappant au contrôle du parquet ; - De se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, aux dispositions de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et autres instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par la RDC. Aux Nations-Unies et à la MONUSCO : - De procéder à une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les évènements dénoncés dans le présent rapport et d’établir les responsabilités de tous les auteurs des crimes et de graves violations des droits humains ; - De renforcer leur vigilance sur la situation des droits de l’homme en RDC. Aux ONGS tant nationales qu’internationales : - De soutenir les familles des victimes dans la recherche de la vérité, en leur assurant une assistance juridique et judiciaire ; - De dénoncer avec la dernière énergie toute violation des droits de l’homme d’où qu’elle vienne. 25 CONTACT PRESSE :

Pour la L.E.

Me. LUMU MBAYA Sylvain Secrétaire Exécutif Tél. : +243815079823 Courriel : sylvalumu@yahoo.fr

Pour l’OCDH

Me. Jacob BALUISHI N’KOKESHA Secrétaire Général Tél. : +243819794687 Courriel : cobja02@yahoo.fr

dimanche 30 juin 2013

L’EMPRISONNEMENT OU L’EXIL QUAND L’INTOLERANCE PRIME SUR LA RAISON : Rapport sur la situation des droits de l’Homme en République Démocratique du Congo au lendemain des scrutins électoraux du 28 novembre 2011

Résumé

La violation des droits de l’homme est l’une des questions préoccupantes en République Démocratique du Congo (RDC). A l’aube de la tenue des concertations nationales, un rapport sur la situation est le bienvenu pour pousser les participants à prendre en compte la question et envisager les mesures appropriées pour faire cesser toute atteinte et/ou promouvoir le respect des droits de l’Homme.

Au lendemain des élections du 28 novembre 2011, les contestations électorales ont donné lieu à une intolérance politique à l’égard de l’opposition et des défenseurs des droits de l’Homme. Les services de sécurité (ANR, Police et Garde Républicaine) se livrent à des arrestations arbitraires et détentions illégales tantôt pour exécuter des ordres hiérarchiques mais parfois de leur propre initiative pour justifier les sommes colossales dont ils sont bénéficiaires en termes de frais de fonctionnement et ainsi légitimer leur action auprès de la hiérarchie. Il va sans dire que la recrudescence des activités armées du Groupe rebelle M23 sert également de prétexte pour justifier ces violations des droits de l’Homme, créant une psychose dans tout le pays.

Il en va ainsi de la répression brutale et sanglante des manifestations pacifiques aux arrestations arbitraires et détentions illégales des opposants, intimidations des militants des droits de l’homme et des journalistes mais très souvent des scénarii montés badigeonnés en tentatives des coups d’Etat pour semer la terreur et étouffer toute expression de revendications démocratiques.

Conclusions et recommandations La Ligue des Électeurs demeure très préoccupée par la multiplication d’actes de violation des droits de l’Homme en général et très particulièrement par les atteintes visant les défenseurs des droits de l’Homme et les opposants politiques en République Démocratique du Congo.

Aussi recommande-t-elle 1. Au gouvernement congolais à : - Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique des défenseurs et des opposants susmentionnés et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et des acteurs politiques en République démocratique du Congo ; - Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, administratif et disciplinaire, à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et des acteurs politiques en RDC et procéder sans conditions à la libération des détenus politiques; - Mener sans délais des enquêtes exhaustives, indépendantes, effectives, rigoureuses, impartiales et transparentes quant aux faits décrits ci-dessous, afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal indépendant, compétent et impartial conformément aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi ; - Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la RDC ; - mettre en place la Commission Nationale des Droits de l’Homme dont la loi organique a été promulgué depuis mars 2013, afin de concrétiser leur volonté exprimée de protéger la société civile et renforcer l’Etat de droit en République démocratique du Congo.

2. au parlement congolais : à adopter le projet de loi portant « Promotion et protection des défenseurs des droits de l’Homme et des dénonciateurs d’actes de corruption et de détournement des deniers publics » tel que rédigé suite à la Table-Ronde entre les autorités publiques et les acteurs de la société civile en 2011.

Introduction

Le présent rapport est le fruit du travail de monitoring mené de manière continue par la Ligue des Electeurs (LE), organisation membre de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH/Paris) et de la Maison Droits de l’Homme (MDH) du Centre Carter/RDC dès le lendemain des élections du 28 novembre 2011 en République Démocratique du Congo dans le cadre de son programme « Observatoire des Manifestations Publiques ».

A la lumière des faits observés, ce rapport tombe à point nommé au moment où la classe politique et le peuple congolais s’apprêtent à prendre part aux concertations nationales annoncées depuis le 15 décembre 2012 par le président KABILA Joseph en vue de la cohésion nationale. Il retrace les violations des droits humains comme effets collatéraux de la crise post-électorale en documentant quelques cas, notamment ceux ayant marqué la publication des résultats des scrutins du 28 novembre 2011 et la prestation de serment avortée du président de l’UDPS, Etienne TSHISEKEDI, au stade des Martyrs de l’indépendance (I) ; sans mettre à l’écart la traque des opposants, notamment les membres de l’UDPS et du MLC et/ou leurs proches (II) ainsi que les arrestations et détentions en marge du conflit armé à l’Est de la RDC (III). Il va sans dire que ce rapport reprend également, en ses annexes, une liste non-exhaustive des prisonniers politiques. Dans cette perspective, le présent rapport est un outil de travail important pour les composantes aux concertations nationales, particulièrement en ce qui concerne la problématique de la participation des détenus politiques qui croupissent en prison comme un des préalables importants à la tenue de ce forum national en toute sérénité

I. EFFETS DE LA CRISE POST-ELECTORALE AU LENDEMAIN DU 28 NOVEMBRE 2011

1. Des violations diverses des droits de l’Homme après la publication des résultats électoraux et tentative de prestation de serment du président de l’UDPS Etienne TSHISEKEDI Les résultats provisoires des scrutins du 28 novembre 2011 ont été publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante le 9 décembre 2011. A la veille de cette publication, une psychose généralisée s’est instaurée à travers toute la République mais surtout dans la ville de Kinshasa, siège des institutions de la République. La Garde Républicaine et la police suffisamment armées ont été déployées dans les coins et recoins de la capitale. Dans ce contexte, aucune manifestation n’était possible et aucun regroupement où qu’il soit toléré. Les forces ainsi déployées n’hésitaient pas à tirer à balles réelles ou des gaz lacrymogènes sur tout regroupement de plus de trois personnes. Notre mission d’enquête a pu noter par exemple les cas suivants : - le 08/12/2011 : Des tirs de la police sur les militants de l’UDPS à la veille de la publication des résultats. Il y a eu plusieurs morts dont trois corps ont été subtilisés au siège de l’UDPS (Sis 10ème Rue LIMETE Résidentiel) par les troupes policières sous le commandement du colonel KASONGO et deux autres volés à la morgue de l‘hôpital BONDEKO (non loin de la place Commerciale de la Commune de LIMETE). Il s’agit des corps de Messieurs Lady NGANGALE (Adresse : FAYALE n° 83 Q. MOMBELE, Commune de LIMETE) et NGAMA KEFOLO Junior (Adresse : avenue MAYIPILI N° 39 ; MOMBELE Commune de LIMETE) ; - le 09/12/2011 : des morts, blessés graves et autres lésions corporelles:

- Monsieur SOLO (Adulte) résident au Quartier KINSEMBU n° 18/D, Commune de MATETE abattu par balle par les éléments de la Police ; - Monsieur TUZAYAMO BANKOMBO EDER, marié et père de deux enfants, résident sur l’avenue MUONGA n° 84 Q. Révolution commune de KISENSO : victime de tir à bout portant et décédé sur place ; - Monsieur NGUANGUA KAPITA (Adulte) résident sur l’avenue KIZENGA n° 37 Quartier. KINGUABUA, Commune de LIMETE pourchassé au niveau de 12ème Rue LIMETE, Quartier Résidentiel par une jeep des policiers et poignardé avec une baïonnette au visage ; - Monsieur KAPENDA Jean Claude (Adulte) résident sur l’avenue YONSO n°139 Commune BUMBU, atteint au genou droit par deux balles au niveau de la Maternité de Birmanie;

- Monsieur Serge BUKASA (Adulte), résident sur la 7ème Rue n° 37 Quartier De bonhomme, Commune de Matete : grièvement blessé suite à un coup de cross du fusil à l’œil droit au niveau de la 10ème Rue Quartier Résidentiel, Commune de LIMETE ;

- Monsieur ILUNGA José (Adulte) résident sur l’avenue Mani Congo Quartier Kingasani/Pascal Commune de KIMBASEKE grièvement blessé suite à une balle ayant traversé sa jambe gauche ;

- Monsieur KEM MUANADIMBU, résident à la 7ème rue Commune de LIMETE : tuméfaction au coude de l’épaule gauche et aux deux genoux, et plaies multiples sur son corps suite à l’agression des éléments de la Garde Républicaine, au niveau de la 8ème Rue LIMETE Industriel. Il a été acheminé au siège de la Ligue des Jeunes du PPRD à la sixième rue, Quartier Industriel, Commune de LIMETE ; - Monsieur NZUMBU LUMBAKI résident sur l’avenue KASALONGU n° 6, Commune de KISENSO : grièvement blessé à la tête, à l’épaule droite, au dos, au pied gauche et au genou droit, alors qu’il se dirigeait au stade des Martyrs pour assister à la prestation de serment de Monsieur TSHISEKEDI comme président de la République. Il a été percuté par une jeep de la Garde Républicaine qui dispersait les sympathisants de l’UDPS qui se dirigeaient à la même manifestation ; - Monsieur LUNTULU ILONGA, résident sur l’avenue MAÏPILI, n° 44 Quartier MOMBELE Commune de LIMETE, lésions corporelles graves suite aux jets d’eau chaude de la police dispersant les sympathisants de l’UDPS ; - Monsieur MBEYA Brute résident au n° 21/A, Quartier ANUNGA dans la Commune de MATETE, le 09 décembre 2011, blessé par balle qui a traversé la cuisse droite ; - Monsieur KADIMA TSHIBANGU résident au Quartier KUNDA 1, 9/D, Commune de MATETE, ayant reçu une balle à la main gauche ; - Monsieur PUATA NSUMBU , tiré à bout portant par la Garde Républicaine au niveau de l’avenue SENDWE alors qu’il se dirigeait au stade des Martyrs pour y assister à la prestation de serment de Monsieur TSHISEKEDI.

2. Traque des opposants des militants de l’opposition en marge des manifestations publiques

Le 14 octobre 2012, lors de l’arrivée de Monsieur François Hollande, Président de la République française, en vue du 14ème Sommet de la Francophonie, plusieurs personnes dont les membres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et autres partis de l’opposition étaient amassées le long du boulevard Lumumba scandant des slogans et brandissant des calicots hostiles à son arrivée à Kinshasa. C’est ainsi que les policiers se mirent à disperser cette foule immense en tirant des balles en l’air et en lançant du gaz lacrymogène. Pris de panique, un groupe de ces manifestants trouva refuge au salon de coiffure de Madame MAKIESE NIENGI Chic pour éviter les effets néfastes du gaz lacrymogène. Les policiers prirent d’assaut le salon de coiffure et mirent la main sur tous ceux qui s’y trouvaient en dépit des protestations de la propriétaire et les amenèrent au commissariat le plus proche pour leur identification et audition. Ils décidèrent d’aller fouiller le Salon de coiffure. Lors de la fouille, ils mirent la main sur un lot des T-shirts et casquettes de l’UDPS, reliquat du matériel de campagne de 2011, que le frère de l’infortunée, Monsieur MAKIESE MAYEMBO Moïse, un parlementaire débout de ce parti, lui avait confié pour distribution. Sur ces entrefaites, les policiers décidèrent d’aller perquisitionner à son domicile où ils trouvèrent un autre lot important dudit matériel, sa petite sœur qui habitait avec elle n’a eu la vie sauve qu’en prenant la fuite à l’arrivée des policiers. Elle fut alors soumise à un interrogatoire serré pour dire d’où elle tenait cela et leur donner l’adresse de son frère. Elle sera séparée du reste du groupe et embarquée vers une destination inconnue.

Le 20 novembre 2012 dans la soirée, un groupe de policiers fut irruption au domicile familial de Madame KADIMA MASENGU Mani où ils se saisirent d’elle ainsi que de sa petite sœur, ses frères ayant réussi à s’échapper. Elles furent sérieusement rouées des coups pendant que deux ou trois policiers procédaient à une fouille minutieuse de la maison. Après qu’ils eurent mis la main sur des tracts hostiles à Monsieur Joseph KABILA, une copie du mémorandum distribués lors de la tenue de la francophonie, les affiches et calicots de l’UDPS, leur fureur se décupla au point que les coups commencèrent à pleuvoir de plus belle sur l’infortunée qui perdit connaissance. Quand elle reprit connaissance, elle se retrouva dans un local entourée des militaires qui lui posaient des questions sur des déclarations qu’elle avait faites lors d’une interview accordée à des journalistes étrangers venus couvrir le 14ème Sommet de la francophonie à Kinshasa, au cours de laquelle elle avait dénoncé les fraudes massives lors des élections de novembre 2011, le non respect des droits de l’homme, les viols massifs, la megestion, l’insécurité généralisée dans le pays, la mort non élucidée du militant des droits de l’homme Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et de son chauffeur, Fidèle BAZANA EDADI, tous deux membres de l’ONG Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme, etc. Il sied de rappeler que Madame KADIMA MASENGU Mani avait déjà été victime d’un enlèvement par les éléments de la Police Nationale Congolaise en date 09 décembre 2011 en compagnie d’une dizaine de militants de son parti, l’UDPS, au cours duquel ils ont été détenus pendant plusieurs jours dans un lieu secret et soumis à la torture et autres mauvais traitements cruels et inhumains. En date du 10 mars 2013, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, avait prévu d’offrir un accueil chaleureux à son Président National, Monsieur Etienne TSHISEKEDI, de retour de l’Afrique du sud où il a été participé à une conférence internationale sur le « Rôle des armées en Afrique ». La Police Nationale a dispersé tous les militants qui attendaient le passage de ce dernier tout au long du Boulevard LUMUMBA et en a arrêté plusieurs d’entre eux.

En dépit du fait que l’exercice et la jouissance de la liberté de manifester ne soient plus soumis au régime d’autorisation plutôt qu’à celui de l’information préalable à l’autorité publique, les partis politiques de l’opposition rencontrent généralement la résistance de la Police Nationale et des services de sécurité lors de leurs manifestations même quand ils ont respecté toutes les conditions fixées par la Constitution et la Note circulaire N° 002/2006 du 29 juin 2006 relative aux réunions publiques. Depuis les élections de 2011, toutes les manifestations que l’opposition a tenté d’organiser ont été brutalement dispersées et suivies de plusieurs arrestations et détentions illégales et parfois des morts. Les éléments de police et/ou souvent de la Garde Républicaine déployés se distinguent par des actes de torture, de traitement inhumain ou dégradants, d’extorsion et d’arrestations arbitraires et détentions illégales à l’encontre des militants.

En cette date, la mission de la Ligue des Electeurs déployés sur terrain a pu noter les cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales ci-après : - Pierre LUABEYA, Fils MUNYANGA, MPAKA ALONZO, Roger KABUNDI, Eric KABEYA, KALENGA MULAMBA, Micheline MUIKA, TSHIBANGU NDAYA, Pierre KASHAMA, Freddy MPINDI, Neville ILUNGA, BOKETSHOU BONGONGO, Alexis NZUNDU MAYELE, BETIKA KIMPINI, Camile MPISIMBO, David KONJI MPISIMBO, Dewhey BINIMBA, Essaron LANDU, Ruth KIALANDANA WUMA,SUKAMI EYUKUINA, Trésor TSHITOLO KABUNDA, Dorothée ILUNGA MBOMBO, Carine KINKELA MBEMBA, Lucie MBIYA TSHIMANGA, Dorcas NJIBA BEYA, Fils MUNYANGA, Freddy MPINDI. Ils ont été arrêtées et détenues aux cachots MABANGA à N’DJILI et au Commissariat de police de MASINA par les agents de la Police Nationale; - NSIMI MAZALA Hughes, âgé de 30 ans, domicilié dans la commune de Mont-Ngafula, avenue Bambesa, militant de l’Udps/ fédération Lukunga a été appréhendé par les agents de la police au niveau du quartier I de la commune de Masina. Embarqué dans une Jeep, il a été acheminé et placé en détention dans un cachot inconnu situé aux environs du quartier Mbudi dans la commune de Ngaliema. Durant sa détention, ce militant a fait l’objet de bastonnade et des sévices corporels lui infligé par les agents de sécurité qui l’accusent d’incitation de la jeunesse au trouble et au soulèvement. Les membres de sa famille sont pris pour cible et font l’objet des menaces depuis sa disparition de son lieu de détention ; - Aimerance SENTINI RICO, âgée de 27 ans, domiciliée dans la commune de Mont-Ngafula, avenue Wamba, appréhendée au niveau du quartier Mikondo en compagnie de ses camarades parmi lesquels Reagan TANGANI et Serges LUKASA, militants de l’Udps et membres de l’association « Les Compagnons d’Etienne Tshisekedi » du Président Raoul NSOLWA MUYE. Accusés de distributions des tracts subversifs et séditieux invitant les militaires à faire allégeance à Monsieur Etienne Tshisekedi autoproclamé Président élu de la République Démocratique du Congo, les infortunés furent embarqués dans une Jeep de la police et emmenés vers une destination inconnue. - SWELE AMONSE Adeline, âgée de 26 ans, domiciliée dans la commune de Limete, avenue Langa-Langa, combattante de L’UDPS/Mont-Amba a été l’objet d’arrestation sur le boulevard Lumumba. Accusée d’incitation des jeunes au trouble public et distribution des tracts subversifs, elle a été embarquée dans une Jeep Land cruiser de la police et s’est retrouvée incarcérée dans un cachot de fortune située au quartier Mbudi dans la commune de Ngaliema où elle a été l’objet de plusieurs sévices durant sa détention. Après son évasion, ses proches ont été inquiétés. Certaines de ces personnes seront libérées le lendemain 11 mars 2013 à 11H30, d’autres sont portées disparues jusqu’à ce jour.

II. ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET DETENTIONS ILLEGALES PRETENDUMENT MOTIVEES PAR LA TENTATIVE D’ATTEINTE A LA SURETE DE L’ETAT OU COMPLOT CONTRE LES AUTORITES PUBLIQUES

- Arrestations multiples pour tentative de coup d’Etat contre le régime ou les autorités politiques de Kinshasa : - Monsieur René KAHUKULA, coordonnateur général de "Actions pour le Développement des Paysans Déshérités" (ADEPAD), ONG basée à Bukavu, Pasteur BITA Zébédé et Professeur Michael MBONEKUBE arrêtés à Bujumbura (Burundi) en date du 1er Juin 2012 par un commando, constitué d’agents des services de sécurité congolais avec la complicité des autorités burundaises à la résidence de ce dernier. Ils furent livrés aux mains de Monsieur Delphin KAHIMBI, Commandant des opérations militaires à Uvira le 2 juin 2012. Ce dernier les achemina à Bukavu, le 3 juin 2012, où ils furent séquestrés dans l’ancienne résidence du Président Mobutu transformée en cachot de fortune sans qu’aucun motif de leur arrestation ne leur soit signifié. Du 3 juin 2012 au 6 juin 2012, ils furent, sous la torture et menaces de mort, soumis à un interrogatoire serré par une commission dite « interservices » constituée de délégués de la DGM, de la DEMIAP, de l’ANR, du Gouvernorat de province et de la 10ème Région maintenus au cachot, privés d’eau et de nourriture. L’interrogatoire avait tourné autour de leurs propres vies et d’une prétendue « rébellion qu’ils seraient en train de préparer en vue de déstabiliser la RDC ». En dépit des explications claires fournies aux membres de cette commission, ils furent maintenus au cachot où il leur fut infligé des traitements cruels, inhumains et dégradants et autres actes de torture afin d’arracher d’eux des aveux. Faute d’aveux obtenus de leur part, ladite commission les fit conduire à Goma, le 31 juillet 2012, d’où ils furent amenés à Kinshasa le 13 août 2012 avec d’autres codétenus. Aussi, furent-ils éparpillés dans les lieux carcéraux à travers la ville de Kinshasa et que René KAHUKULA, quant à lui, a été placé jusqu’en date du 15 octobre 2012, au Quartier Général de la Légion PIR sur l’avenue Victoire dans la Commune de KASAVUBU. Aux dernières nouvelles, le Professeur Michael MBONEKUBE et le Pasteur BITA Zébédé croupissent encore à la Prison Militaire de NDOLO sans procès, après avoir été détenus pendant plusieurs mois au secret dans les cachots de l’ANR pour le premier et successivement à l’ANR et à la DEMIAP pour le second. Les membres de famille et les proches de ces trois personnes, les membres de l’ADEPAD à Bukavu comme à Kinshasa, les membres du parti politique « M.U.D.N» du Professeur MBONEKUBE et de « SHIKITO» du Pasteur BITA Zébédé sont traqués jusqu’à ce jour. Plusieurs sont détenus dans divers cachots ou en des lieux inconnus, beaucoup sont portés disparus et certains autres vivent en clandestinité ou ont trouvé refuge à l’extérieur du pays : - Monsieur Thaddée KALONJI MUAMBA a été arrêté depuis le 16 août 2012 à l’ANR/Kinshasa alors qu’il s’y était pour s’enquérir de la situation de son ami, le Pasteur BITA ZEBEDE, censé être détenu dans ces locaux. Son épouse, Madame Suzanne MATONDO NLANDU, qui l’accompagnait n’a eu la vie sauve qu’en se retirant rapidement de l’ANR pendant que son mari était en discussion avec les agents de police qui étaient de garde à l’entrée des locaux de l’ANR ; Mais, les agents de sécurité l’ont poursuivi jusqu’à son domicile de la commune de Ngaba à deux reprises dans l’après-midi et dans la nuit du même 16 août 2012. Ne l’ayant pas trouvée, ils se sont pris aux enfants après avoir fouillé toute la maison de fond en comble et emporté quelques documents appartenant à Monsieur Thaddée KALONJI qui demeure détenu à l’ANR jusqu’à ces jours et sa femme introuvable depuis lors. - Monsieur Papy KAZADI KALONJI et Madame Pauline MAYAMBA MUNGU, deux enquêteurs de « Toges Noires » (T.N), alors qu’ils enquêtaient sur le dossier KAHUKULA et ses co-accusés sont portés disparus depuis le 20 octobre 2012, jusqu’à ces jours. Leurs domiciles ont été visités et les membres de leurs familles ont subi des représailles, notamment Madame Vanessa LUFUMA MUDIANGU, épouse de Monsieur Papy KAZADI KALONJI et Monsieur Hugues MPUTU NZINGA, mari de Madame Pauline MAYAMBA MUNGU ; - Monsieur Edwige PINDI MENA et sa femme, Madame Bibiche KIKUMPA WAZOLUA, sont tombés dans les filets des services de sécurité trois semaines plus tard alors qu’ils essayaient aussi de voir le Pasteur BITA à l’ANR en date du 12 novembre 2012. Ils ont été arrêtés sur le champ. Madame Bibiche KIKUMPA a pu être relâchée dans la soirée du même jour et vit jusqu’à ce jour dans la clandestinité, tandis que son mari est toujours détenu à l’ANR. Leur domicile de la commune de Kimbanseke a été aussi visité et saccagé et des documents emportés ; - Monsieur MUKUNA LUHAKA Freddy, enquêteur et membre de l’ONG « Avocats Sans Frontières/RDC » prétendument accusé de recruter des militaires avec l’aide des militants de l’UDPS codétenus en prison et ainsi constituer une bande insurrectionnelle, a été enlevé par les services de sécurité au mois de juin 2012 et porté disparu. Son domicile sis avenue KINKELA N° 2, dans la commune de NGALIEMA, a été visité deux fois de suite dans la soirée du 05/06/2012 par des policiers à la recherche de sa femme, Madame MPIE TSHINDEYI Bibiche, qui vit dès lors en clandestinité pour échapper aux représailles et aux menaces ; - Monsieur YATOMA THOMAS a reçu une visite à son domicile situé au n° 407/B à Limete par les agents de service de renseignement qui étaient à sa recherche dans la nuit du 08 au 09 mars 2013 pour ses relations supposée de complicité avec Monsieur Flavien BAKATUFUKILA MUNDA S/L des Forces Armées Congolaises impliqué dans le dossier de complot contre le Président et vit actuellement en clandestinité ; - Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA a été enlevé au mois d’avril 2013 sur ordre du Procureur Général de la République qui le garde illégalement en détention au CPRK contre les ordonnances de la Cour Suprême de Justice qui ont ordonné sa mise en résidence surveillée ; - Relativement à cette affaire, monsieur Marius ABAMBA MONDENGA, jeune médecin stagiaire à la clinique de l’OSD (Œuvres sociales pour le Développement), a échappé à une tentative d’enlèvement le 22/10/2012 alors qu’il enquêtait sur l’affaire de viol sur mineures dont Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA était accusé et pour avoir cherché à entrer en contact avec Monsieur René KAHUKULA. Ayant été activement recherché dans la nuit du 22/10/2012 à son domicile et à celui de ses parents, il vit désormais en clandestinité. Le mardi 13/06/2013, à l’ouverture du procès en appel dans le dossier des présumés insurgés « Enyele », les avocats de la défense ont découvert avec stupéfaction que leurs clients avaient été condamnés au premier degré, certains à la peine capitale, sans jugement, mais par une simple liste dressée par le premier juge. En outre, il n’y a toujours aucune trace de Madame Sylvie MANZAMBI LUNGAMBI, arrêtée à Kinshasa en date du 15/01/2013 par les services de sécurité qui sont toujours à la recherche de son mari, Monsieur Silva MOTAYO MBELA, qui était arrêté lui aussi parmi les insurgés « ENYELE » à MBANDAKA en avril 2010 et qui avait réussi à s’évader. - L’affaire dite de la bande insurrectionnelle du docteur KANKU MUKANDI Jean-Pierre Le vendredi 22 mars 2013, le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Richard MUYEJ MANGEZ, a présenté à la presse et à l’opinion nationale deux personnes, Monsieur Jean-Pierre KANKU MUKANDI, un médecin belge d’origine congolaise, et Monsieur Isidore MANDIMBA MONGOMBE, accusés d’espionnage et de complot pour attenter à la vie du Chef de l’Etat. Si les armes ont été présentées comme objet du crime, d’autres membres de ladite bande en dehors de ceux-ci-haut cités demeurent inconnus. Pourtant, des enquêtes ont révélé que plusieurs autres personnes ont été appréhendées dans le cadre de cette affaire et d’autres ont été forcées de vivre dans la clandestinité, notamment des membres de famille, des proches et des militants des droits de l’homme. Les éléments d’informations en possession de la Ligue des Electeurs renseignement que : - Monsieur Jean-Marie MBUYI MUKANDI dit « MASIKITA », frère jumeau de Monsieur KANKU MUKANDI Jean-Pierre, fait l’objet de recherches des services de sécurité et même de la justice militaire au motif de complicité avec son frère alors qu’il n’a été impliqué ni de loin ni de près dans cette affaire. Il est contraint de vivre dans la clandestinité ; - Madame Dinah KABAMBA, belle-sœur de Monsieur KANKU MUKANDI, en la résidence de qui il résidait lors de son arrestation à la 3ème rue LIMETE, quartier Résidentiel, a subi le même sort. Il en est de même de son beau-frère, Pasteur Max MAMBA, dans la Commune de Mont-Ngafula ; - Monsieur TOUPIL TOUSSAINT LOUVERTURE, membre de l’OCDH, qui était en contacts avec Monsieur Jean-Pierre KANKU avant son arrestation, dans le cadre de son mouvement politique « Mouvement Debout Congolais » (MDC), alors qu’il enquêtait sur son arrestation, a échappé belle à une arrestation arbitraire. Le domicile de ses parents, sis avenue Jean BOLEMBA N° 23, dans la commune de KINTAMBO, a été objet de visite des agents des services de sécurité qui se sont même livrés à la torture des membres de sa famille pour obtenir d’eux des aveux ; - Il en est de même de Monsieur Thierry BIATUMA NTIMANSIEME, membre d’Avocats Sans Frontières (ASF/RDC), qui enquêtait sur le même dossier. Il a été recherché à son domicile la nuit du 16/02/2013. Son épouse, Madame Bibiche BATINI SAMBA, a été torturée et vit en clandestinité avec les enfants ; - Monsieur Gabriel POMBO, habitant dans la commune de SELEMBAO, quartier INGA, avenue ILUA N° 68, recherché dans la nuit du 16/02/2013 à cause de ses contacts fréquents avec Docteur Jean-Pierre KANKU, il a disparu depuis lors. Son épouse, Madame Nacha MAKABI NGONGI, a été torturée par des policiers venus à leur domicile et vit en clandestinité avec ses enfants pour échapper aux représailles ; - Monsieur Olivier MUTATA LUFUA, recherché à son domicile de l’avenue MUNOKA N° 10, dans la commune de LEMBA, toujours à cause de ses contacts avec Docteur KANKU Jean-Pierre, a disparu depuis lors. Sa femme, Madame Mireille KULAPA MWANANDEKE, torturée et menacée, a fui le toit conjugal pour échapper aux représailles; - Monsieur KALALA NGALAMULUME MPIANA, qui a tenté d’entrer en contact avec Monsieur Jean-Pierre KANKU par l’intermédiaire de Monsieur Gabriel POMBO, a échappé à une arrestation à son domicile de l’avenue BOSEMBO N° 44, dans la commune de LIMETE. Monsieur KALALA NGALAMULUME, dont le bras droit a été amputé après qu’une jeep de la Garde présidentielle ait roulé sur lui lors des troubles électoraux de novembre 2011, vit dans la clandestinité avec son épouse, Madame Catherine BINDA, et leurs enfants ; - Madame Clarisse MAMPUYA LUZOLO MANDIMBA, épouse de Monsieur Isidore MANDIMBA MONGOMBE, est victime d’intimidations récurrentes de la part des agents de sécurité et a été obligée de quitter son domicile pour vivre dans la clandestinité avec leur enfant ; - Madame Nana MUBUNDU, qui est également très proche de Monsieur MANDIMBA, a disparu de la circulation sans laisser des traces alors que son mari, Monsieur Jacques SAYALA TANGA, accusé d’entretenir une cache d’armes à son domicile sis avenue BONDOKI N° 21, au quartier 12 de la commune de N’DJILI, a échappé à une arrestation des services de sécurité qui ont visité plusieurs fois son domicile ; - Tel est également le cas de Mademoiselle Greta NGAYALA TSHUNZA recherchée par les services de sécurité pour avoir été en contacts réguliers avec Monsieur Isidore MANDIMBA MONGOMBE dans le cadre de l’adhésion au « Mouvement Debout Congolais ». Elle a disparu depuis lors sans laisser des traces ; - Madame Mimi KABEYA, proche du capitaine Christian SIBOKO, cité dans la prétendue tentative de coup d’Etat, est accusée de cacher des armes à son domicile sis avenue KAYANGE N° 18, dans la commune de LEMBA. Elle est dans le collimateur des services de sécurité depuis la disparition du capitaine Christian SIBOKO ; - Les parents de Madame Carole MUNGUDI TOUSOLA, proche de Monsieur Isidore MANDIMBA MONGOMBE, soupçonnée d’avoir constitué une cache d’armes au domicile de ses parents au quartier 5 de la commune de N’DJILI, avenue du Marché N° 14 et recherchée depuis l’arrestation de ce dernier, ont été sauvagement torturés par les agents de services de sécurité pour les obliger à procéder aux aveux sur cette cachette et l’endroit où leur fille se trouverait. - L’affaire dite de « la bande des 13 conspirateurs du 17 janvier 2013 » ou Mouvement « Impérium » Le Jeudi 11 avril 2013, les autorités de la Police Nationale ont également présenté à la presse et à l’opinion nationale 13 personnes, dont une femme, soupçonnées de faire partie d’une bande organisée en vue d’attenter à la vie du Chef de l’Etat, Monsieur Joseph KABILA, lors d’un de ses passages sur le Boulevard LUMUMBA en direction de sa ferme de KINGAKATI. Ces personnes ont été arrêtées entre le 17 janvier et le 06 mars 2013: Monsieur Jeancy KABENGELE TSHIBANGILA, capitaine Jean-François TSHIBANGU DIADIA, commissaire de police Justin TSHIBASU SHAUMBA, sergent-major Jean-Pierre MOKAMBI MAKUMU, Monsieur Elie IKUKU BOLIAMBALI, policier André OYANDEKE LOKOMA, policier Apocalypse ZOMO KOFIO, policier Jean MBIOLA, journaliste Verdict MITUNTUA NKOBA (chargé de communication de Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA), Monsieur Madoudou KATUMBA MUPOYI, Monsieur Isidore KIALUMBA ASUANGOLO, sous-lieutenant Flavien BAKATUFIKILA MUNDA et Madame Marie-Josée KABUNGAMA KABANTU. Arrêtés bien avant, l’opposant Eugène DIOMI NDONGALA et Me Jean-Claude NDALA MWELE LUNYEMA de l’UDPS, sont présentés, sans preuves convaincantes, comme les commanditaires de cette tentative avortée d’attaque contre les autorités publiques. Les informations recueillies par la Ligue des Electeurs renseignent que : - Me Jean-Claude NDALA MWELE LUNYEMA est porté disparu depuis le mois de janvier 2013 ; - Madame Angèle TSHIBOLA KALALA est portée aussi disparue depuis le même mois; - Monsieur Trésor KAYEMBE KASONGO, membre de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) et proche de Me Jean-Claude NDALA MWELE LUNYEMA, a été recherché à son domicile de l’avenue NGUMA N° 84, dans la commune de NGALIEMA, au moment où il enquêtait sur les 13 détenus à la prison de NDOLO. Son épouse, Madame Thérèse DJOKO ASHA, menacée et par crainte des représailles, vit dans la clandestinité ; - Monsieur KABEYA TSHITEYA, membre de l’ONG « Synergie Congo Culture et Développement » (SCCD), qui enquêtait sur le même dossier est porté disparu. Sa femme, Madame Mireille TCILOUMBA, a été menacée à son domicile sur l’avenue WOMBO N° 12, dans la commune de BANDALUNGWA, et vit désormais dans la clandestinité pour échapper à la recherche des agents de sécurité ; - Travaillant sur le même dossier, Monsieur Richard MAKELA NTU MPOLO, enquêteur d’Avocats Sans Frontières (ASF/RDC), a été enlevé par des policiers le matin du 21/01/2013. Son domicile sur l’avenue LUBUDI N° 4, dans la commune de BANDALUNGWA, a été visité la nuit du 23/01/2013 en son absence. Son épouse, Madame Grâce KOTADIA LUSAMBA, a fui et vit dans la clandestinité ; - Monsieur Brunon MPOYI, collaborateur et proche de Monsieur Jeancy KABENGELE et de sa compagne Godé KAPINGA, a été recherché chez ses parents à l’aube du 21/01/2013, dans la commune de NGABA, avenue KIPASI N° 18. Son frère Cloudy KANYINDA a été confondu à lui et emmené à sa place. Il a été relâché quelques jours plus tard ; - Mademoiselle Mignonne MIKISHI KIBAMBE, proche de Mesdames Marie-Josée KABUNGAMA et Angèle TSHIBOLA KALALA dans le cadre des affaires commerciales, a été recherchée au domicile de ses parents sur l’avenue KATANGA N° 12, dans la commune de NGALIEMA, la nuit du 13/02/2013. Ses parents et les membres de sa famille présents ont été torturés. Son frère Erveu TSHIBAMBA a été brièvement arrêté pour être relâché le lendemain ; - Monsieur Erick ONYUMBE MBOYO, voisin et proche de Monsieur Elie IKUKU BOLIAMBALI, a été aussi recherché à son domicile de l’avenue de l’Ecole N° 38, dans la commune de NGALIEMA, la nuit du 06/02/2013. Son frère Jonathan LUNDULA a été arrêté la même nuit et demeure introuvable jusqu’à ce jour ; - Madame Esther MOVENDA, proche de Mesdames Angèle TSHIBOLA KALALA et Marie-Josée KABUNGAMA, et son mari Patou NSONI NKANZA ont été recherchés à leur domicile de l’avenue WAHANGA N° 22, dans la commune de KINSHASA, la nuit du 15/02/2013. Les membres de leur famille ont été torturés et très affectés moralement ; - Monsieur Jonathan ETULI YOKA, proche de Monsieur Madoudou KATUMBA MUPOYI et ayant aussi eu des contacts avec le journaliste Verdict MITUNTUA NKOBA, a été aussi recherché chez-lui sur l’avenue KIKIMI N° 8, au quartier 5 de la commune de N’DJILI, au mois de février 2013. Sa femme, Madame Angèle MASUNGULA KIMESA, torturée et menacée de représailles, a fui le toit conjugal et vit en clandestinité. - Madame Nana LUTANGI PAOUNI, dont le mari, Monsieur TSHITENGE WA TSHUNZA vit en dehors du pays, est recherchée depuis le 05/03/2013 pour avoir été en contacts fréquents avec Madame Marie-Josée KABUNGAMA et Monsieur Elie IKUKU BOLIAMBALI. Elle a quitté son domicile avec ses enfants pour vivre dans la clandestinité ; - Madame Carole LUMINGU MAKOSO, qui tenait un débit des boissons devant son domicile de l’avenue LUBAKI N° 256, dans la commune de BANDALUNGWA, que fréquentait régulièrement Monsieur Madoudou KATUMBA MUPOYI, est toujours recherchée à cause de ses relations avec ce dernier. Elle a fermé depuis lors son débit des boissons et vit dans la clandestinité avec ses enfants. - Monsieur LEBUGHE ZINGA Junior accusé et recherché toujours pour le cache d'arme à son domicile en collaboration avec le Sergent-major Jean Pierre MOKAMBI MAKUMI. Monsieur LEBUGHE est contrains de vivre dans la clandestinité. - Madame KITSISU KIANZAMBI Wivine est poursuivie sous prétexte d'avoir cédée sa maison située au n° 20 Avenue Labwe Commune de Lemba pour des réunions des quatre membres conspirateurs. Plusieurs tentatives pour son interpellation ont échouées et cette dernière est en cabale et vit pour le moment en clandestinité ; - M. DIANTETE Mylord, âgée de 26 ans, célibataire, domiciliée à Kinshasa dans la commune de Ndjili, a été appréhendée à son domicile le 15 juin 2013 par quatre agents de sécurité dans le cadre de l’enquête en rapport aux suspects appartenant au mouvement « Imperium ». Embarquée dans une jeep de la police, elle a été dans un premier temps entendue sur procès- verbal et détenue au cachot Mabanga à Ndjili et fut par la suite emmenée vers un autre cachot inconnu à ce jour. Selon certaines investigation, M. Diantete Mylord qui a des liens parmi les suspects appréhendés les 17 et 18 janvier 2013, est soupçonnée d’avoir apporté un appui logistique en s’ occupant concrètement de l’ achat et approvisionnement de la ration alimentaire aux membres dudit mouvement qui se réunissaient sous prétexte de retraite des prières sur l’avenue Nganaketi 63A, quartier Ngampani dans la commune de Kimbanseke. A ce jour, la famille n’a aucune nouvelle du précité ; - Madame MFUMU LUYINDULA Véronique, âgée de 55 ans, veuve, domiciliée à Kinshasa/Limete, avenue Bobozo, quartier Industriel, vendeuse du pain et une des amies de madame Marie-Josée KABUNGAMA arrêtée en janvier 2013, est soupçonnée d’appartenir au même mouvement et d’y participer par son appui logistique en apportant des pains à ses membres déguisés en cellule des prières dans la commune de Limete, quartier Mososo, avenue Tongani 33 une propriété de madame Marie-Josée KABUNGAMA actuellement aux arrêts ; Selon les résultats des dernières investigations, madame Véronique LUYINDULA a été arrêtée à son domicile le 17 juin 2013 vers 6h30 par trois (3) agents de sécurité en civil alors qu’elle s’apprêtait à aller chercher ses pains à la boulangerie. Menottée et embarquée abord d’une Pick up de couleur blanche, madame a été détenue dans un premier temps au cachot du camp Lufungula et ensuite emmenée dans un cachot de la sécurité non connue de la famille qui n’a aucune nouvelle précise sur son lieu de détention précise jusqu’à ces jours et s’inquiète de son sort vu son état de santé fragile. Avant cette arrestation, madame a déjà été l’objet d’arrestation dans le cadre du dossier de son petit-fils Glody KIAMBI arrêté parmi les jeunes de la rue communément appelés « shegués » qui portent atteint à l’ordre public. - Des atteintes contre les défenseurs des droits de l’Homme et les avocats de la partie civile dans l’affaire de l’assassinat de Floribert CHEBEYA et Fidèle BAZANA - Mademoiselle ACHA MANSISILWA VINGA, membre de la Ligue des Electeurs, victime de torture et d’arrestation arbitraire après une intervention radiodiffusée sur la radio Canal Congo le 18 janvier 2011 ; elle n’a eu la vie sauve que grâce à sa fuite vers un lieu sûr ; - Monsieur Costa TSHIANGALA, Coordonnateur de la mission d’observation électorale de la Ligue des Electeurs à Lubumbashi, province du Katanga, victime d’un acharnement judiciaire au motif qu’il aurait offensé le Chef de l’Etat par la publication et la distribution d’un article sur internet parlant des circonstances de la mort de Monsieur Augustin KATUMBA MWANKE : la mission dont il était chargé lors de ce voyage et l’implication possible du président Joseph KABILA dans le crash de l’avion ayant conduit à sa mort. Après son arrestation et sa torture aux fins de l’obliger à se livrer aux faux aveux, notre collègue n’a été libéré que dix jours après contre une caution de 500 dollars américains. Les poursuites à son encontre, dont la première audience a eu lieu ce mercredi 18 juillet 2012 à la Cour d’Appel de Lubumbashi, sont en cours. Pourtant l’article qui est attribué est signé par un journaliste du quotidien électronique Kongo Times basé à Paris. Ces attaques font suite à celle de Maître Joseph NTITA, son adjoint, qui s’est sauvé de ses tortionnaires grâce à la fuite vers la terre sud-africaine où il vit aujourd’hui en exil ; - Monsieur Grégoire MULAMBA, Secrétaire général du Centre des Droits de l'Homme et du Droit humanitaire (CDH) à Lubumbashi, dans la province du Katanga, victime d'agression par les éléments de la police le 14 août 2012 ; - Cambriolage du cabinet de Me KABENGELA ILUNGA, avocat très actif dans l’affaire de deux activistes des droits de l’Homme Floribert CHEBEYA et Fidèle BAZANA dans la nuit du 29 au 30 mai 2013 pourtant situé en plein centre ville à l’Immeuble Flamboyant dans la Commune de la Gombe ;

- Menaces et intimidations par appels anonymes contre les défenseurs des droits de l’Homme Robert ILUNGA (ANMDH), Paul NSAPU (L.E./FIDH), Mademoiselle Ange MUKAJIMUENYI NSAPU (L.E.) et des avocats Bâtonnier MUKENDI wa MULUMBA, Me NGOMO MILAMBO Peter, Me KABENGELA ILUNGA, Me LUMU MBAYA Sylvain (L.E.), Me BALUISHI NKOKESHA Jacob (OCDH), et Me Régine SESEPE. Ces actes d’intimidation interviennent quelques semaines après la reprise de l’instruction du procès en appel devant la Haute cour militaire, le 9 avril 2013 et du dépôt le 7 mai 2013 par ces mêmes avocats d’un mémoire récapitulant ces mêmes exceptions et demandant leur examen comme un préalable à la poursuite de l’examen du procès au fond. La Haute cour s’étant déclarée incompétente pour statuer sur ces deux exceptions, elle a en effet décidé de saisir la Cour suprême de justice qui fait office de Cour constitutionnelle et a suspendu l’examen de l’appel le 7 mai 2013 sans fixer de nouvelle audience ; - Enlèvement de Monsieur Onyx KITENGE, fils de M. Paul NSAPU à Matete et arrestation le 30 mai 2013 de Mademoiselle MAYALA Marinelle, tous deux animateurs sociaux et Observateurs nationaux des élections au sein de la Ligue des Electeurs ; - Me John KALOMBO avocat au Barreau de Kananga et Coordonnateur provincial du Bureau International de l'Enfant (BIC) du Kasaï-Occidental a été enlevé par des agents de l’ANR Kasaï Occidental à son bureau vers 14 heures. Après sa détention, sans visite, ni assistance d'un Conseil, dans les locaux de l’ANR/Kananga, Me John KALOMBO a été transféré à Kinshasa le jeudi 06 septembre 2012 où il est détenu dans un lieu tenu secret par l’ANR, sans droit de recevoir la visite de membres de sa famille ou de son Bâtonnier, ni de l'assistance d'un Conseil de son choix depuis 4 mois. Il travaille, depuis plusieurs années, dans la lutte contre les violences sexuelles et pour le projet Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) des enfants soldats. Il a démobilisé, à ce jour, 44 enfants soldats dont 17 filles (parmi lesquelles une est grosse), tous venus du front de la province du Nord-Kivu. Les 6 et 7 septembre 2012, son épouse avait reçu des appels téléphoniques réclamant le versement d'une somme d'argent pour obtenir sa libération ; - M. Charles KABWIKA, mécanicien œuvrant depuis plusieurs années à Lubumbashi. Il a été enlevé par des agents de l'ANR à Lubumbashi le 21/12/2012, et est détenu jusqu'à ce jour, soit un mois et demie, sans droit de visite, ni d'assistance d'un conseil de son choix ; I. Deux journalistes, Messieurs Mike MUKEBAYI et John TSHINGOMBE, de Congo News, interpelés le mardi 10 juillet 2012 à 11 heures par la police judiciaire des parquets à Gombe communément appelé « Casier judiciaire ». Ils ont passé deux semaines dans ce lieu carcéral avant d’être libérés.

III. EFFETS COLLATERAUX DES ACTIVITES ARMEES DU GROUPE REBELLE M23 SUR LA SITUATION DES DROITS HUMAINS L’appartenance au M23 est devenue un motif utilisé par le pouvoir en place pour faire arrêter et ainsi taire toute opinion dissidente. Un des cas le plus grossier est celui de la perquisition, le 13 juillet 2012 à Kinshasa, du cabinet et de la résidence du Bâtonnier national de la RDC, MBUY MBIYE TANAY, suivie de son invitation au Parquet Général de la République ce mardi 17 juillet 2012 pour y être entendu sur des griefs qu’il serait en intelligence avec le Mouvement rebelle M23 très actif ces derniers mois à l’Est de la RDC. Bien avant cette atteinte à la quiétude du Bâtonnier national, la Ligue des Electeurs avait déjà été saisi du cas de Madame Marie-José KONGOLO arrêtée par la police de la Place Gaya à YOLO-SUD dans la ville de KINSHASA au motif qu’elle aurait logé des combattants du M23 qui auraient déjà infiltré la capitale de la RDC. Elle fut sévèrement torturée en vue d’obtenir d’elle des faux aveux. Elle n’eût la vie sauve que grâce à son évasion du cachot pour se retrouver contrainte de vivre en cachette avec sa famille. Il y a lieu de noter aussi les cas de :

- Monsieur Laddy NLANDU NSILU, musicien de l’orchestre « Cultura Pays Vie » de Monsieur Felix WAZEKWA, traqué depuis le 25/11/2012 après avoir participé à l’émission « Passage obligé » sur le plateau de la télévision RTGA où il aurait insulté la famille présidentielle, démoralisé les militaires au front de l’Est et accusé aussi d’être en intelligence avec l’ennemi de la RDC. Recherché par la Garde présidentielle à son domicile du quartier 13 de la commune de N’DJILI, avenue MANENGA N° 21, il a disparu depuis lors, et son épouse, Madame Fifi KIMBONDO MPIDI, vit dans la clandestinité après avoir été torturée ; - Monsieur Marcus TADJAMBA ELUHU, commerçant de la ville de GOMA, soupçonné de soutenir le M23, est traqué depuis le mois de septembre 2012. Sa nièce, Mademoiselle Jolie TAMANGANA ELUHU a échappé à une tentative d’enlèvement à Kinshasa en date du 01/12/2012 après avoir été traquée depuis GOMA en septembre 2012 et poursuivie jusqu’à Kinshasa en passant par KISANGANI où son autre oncle paternel, Monsieur Laurent MBULU PASU, a été tué par des militaires à son domicile dans la nuit du 12/11/2012 ; - Mademoiselle Laetitia MABONDO NDEMBI NZITA, qui travaillait au sein de la Clinique des Anges située sur la Route de Matadi, au quartier Delvaux de la commune de NGALIEMA, et qui s’occupait des enfants victimes des violences sexuelles subies à l’Est du pays par des militaires de l’armée nationale, a échappé à une descente punitive des agents des services de sécurité au domicile de ses parents, après avoir subi quelques jours auparavant un viol sauvage de la part des hommes en uniforme ; - Madame NDJOLI NGAMIKU Delsi, âgée de 27 ans, célibataire, civil domiciliée dans la commune de Lemba sur l’avenue Ruvuvu n° 8. La dame a été arrêtée à son domicile le 1er juillet 2012 par les agents de sécurités et acheminée à l’état-major général de la Direction du renseignement militaire EGM-DRM, ex-Demiap-Intérieure), sis Kinshasa/Kintambo où elle sera détenue pour connivence avec les membres du réseau du mouvement M23 à Kinshasa. Selon les informations parvenues à la Ligue des Electeurs, l’EMG-DRM soupçonnerait madame NDJOLI NGAMIU Delsi de dissimuler certains effets compromettants recherchés par le service de sécurité auprès de son beau-frère Charles MUTANGA proche collaborateur de Bosco Ntanganda et surtout le fait d’avoir, de façon ingénieuse, faciliter le contact d’affaires sous ses données identitaires entre son beau-frère et le colonel Bernard Byamungu actuellement en détention à la Prison Militaire de Ndolo à Kinshasa, commune de Barumbu pour détournement et vente des effets ainsi que des rations ( haricots) destinés aux militaires au front est du pays. Recherchée depuis son évasion, c’est son frère, monsieur Ndjoli Ekwanzala Stevie, étudiant à l’université qui est victime des nombreuses pressions de la part des agents de sécurité pour l’emmener à révéler la cachette actuelle de sa sœur. Annexe : LISTE NON-exhaustive DES DETENUS POLITIQUES N° Noms, post noms et prénoms Grades ou fonction Territoire d’origine Date et lieux d’arrestation 01 Pasteur Bitha Nyumba Zébédée-Grégoire Président national PRD-Shikito Mwenga/ Sud Kivu Bujumbura/Burundi, le 01 juin 2012 02 Mbonekube wa kahule Michel Président national MUDEN Walungu/Sud Kivu idem 03 Akilimali Mulindwa Col Mwenga/ Sud K ivu Bukavu,le 19 janvier 2012 04 Bitho Basirwa Serge Col Kabare/Sud Kivu Bukavu, le 14 avril 2012 05 Bahala Sibisha R Col Kalehe/sk Kabamba ,le 18 avril 2012 06 Marcelin Cikwanine Bahunde Col Kabare/sk 07 Kuba Katsora Simon Col Irumu / Pr . orientale Kampala ,le 16 février 2011 08 Karate ALdro Moro Col Aru /pr.orientale idem 09 Kalimbiro Kiriza A Lt col Kabare/ sk Bukavu, le 13 juillet 2012 10 Imoa Mongala R Lt col Walikale/ Nk Bunia 11 Tasibanga Maswahu Lt col Masisi /NK Kisangani 12 Buhereko Londere A Lt col Uvira /sk Kisangani 13 Banshimpe Mweze D Lt col Kabare/sk Bukavu,le 17 janvier 2012 14 Mahisha Lukala J E Lt col idem idem 15 Hebieti Djanabo C Lt col Irumu /P. orientale Bunia 16 Mambo L otsoro P Lt col Mahagi/P.orientale Kafwa, le 30 décembre 2010 17 Bulialugo Kasi A Major Kabare / sk Bukavu ,le 14avril 2012 18 Asimwe Manirarakiza Major Kas /occidental 19 Mushamuka Bahati JP Lt col Walungu/ sk Walungu 20 Bisimwa Lwaboshi Major Kisangani 21 Nonzi bodokano P Major Bunia 22 Mwenda Mayele Junior Major Mwenga /sk Bukavu ,le 18 janvier 2013 23 Lemani Saidi C Major Shabunda Bunia 24 Kasongo Maheshe M Capt Kabare/ sk Bukavu,le 15 avril 2012 25 Namegabe Tchibachibaye Capt 26 Mbuyi Tshibwabwa Capt Kasaï-Oriental Kasaï-Oriental 27 Tibasima Mugisa Maj Irumu/ P .oriental 28 Mapendo Matembera App Idjui/sk Bukavu,le 20 janvier 2013 29 Sengi Magirani JP APJ idem idem 30 Tumaini Honoré CPL Kalehe/sk idem 31 Bagabo Bosco CPL idem idem 32 Ahadi Bilungulira A Civil Kabare/sk Bukavu,le 15 avril 2013 33 Kazaroho Bashwira Civil idem Bukavu,le 14 avril 2013 34 Bakeke Idrissa V idem Uvira/sk Uvira ,le 21septembre 2012 35 Bika Selemani F idem idem idem 36 Kambazi Likasi idem idem idem 37 Sebatware Kiyana idem Bujumbura , le aout 2012 38 Mbaje Kisrani Angestos Maj Kisangani 39 Bahati Byakpa E Capt Kisangani 40 Cikwanine Bahunde M Lt col Kabare /sk Kinshasa,le 16 avril 2012 41 Rusumbwa André Civil 42 Baliana Ngabo idem 43 Mushagalusa Mirindi idem 44 Ngwasi Mulemangaba J idem 45 Dhedonga Nyikpa E idem Djugu/p-orientale 46 Ngereza Esimayake idem Mambasa/p-orientale Mambasa ,le 05 fevrier 2013 47 Dunia Bahaya Stéphane idem Kabare/sk Kavumo,le 20 janvier 2012 48 Chiza Ntarugwabanyi idem Walungu Bukavu, le 15 janvier 2013 49 Lumbala Nunyangani idem K-orientale 50 Kasongo Ndow F Idem idem 51 Mutoka Kabala F Idem Kinshasa 52 Beya Mulumba A Idem K-oriental 53 Mpoyi Kabeya J Idem idem 54 Kasongo Fortunat Idem idem K-or le14 aout 2012 55 Biringanine Serge Idem Kabare Bukavu 56 Bagayamukwe Gustave Idem Walungu/sk Uvira 57 Mirindi Rusinduka D Col Kabare/sk Kisangani, le 07 aout 2012 58 Birindwa Kadakala Civil Walungu /SK 59 Mwikiza Mushamalirwa 2cl idem 60 CIZA Justin Civil idem Bukavu 61 Cgoho Appolo idem idem 62 Biyoyo Josue Col Walungu 63 Watunakanza Civil Mwenga Bukavu 64 Lutula Kamikya Chance Civil Shabunda 65 Muzaliwa Konga Konga Idem Idem 66 Kubali Likuta Idem Idem 67 Sengi Abuu Dieudonné Idem Irumu Niania 68 Kanankwishi Mushi Idem Walungu Goma 69 Makhale Dieudonné idem Mwenga Bafwasende 70 Bitakaza Mirindi Major Walungu Uvira 71 Amani Habanawema Civil Kabare Bukavu, le 09 octobre 2012 72 Kongolo Nenge Piscas idem Goma Goma 73 Ngoy wa Ngoy Adjudant Lubero Walungu 74 Ntunvana Musheba C Civil Walungu Bukavu 75 Matabaro Christophe Civil Kabare Bukavu 76 Bisimwa Alfred Civil Walungu Kinshasa 77 Bagaza Ngando Manassé Civil Fizi Bukavu 78 Matiti Bin Matiti Capt Uvira 79 Mugugu Eyadema Coordonnateur général RAIA Mutomboki Shabunda Punia, le 03 septembre 2012 80 Muzumbu Lubula Civil idem idem 81 Basampaka Bahati Riphon Colonel Kabare Bukavu, le 16 janvier 2012 82 CHALUPA Pierre-Jacques Civil Kinshasa 83 DIOMI NDONGALA Civil Bas-Congo Kinshasa 84 YANGAMBI Firmin Civil Province Orientale 85 KANKU MUKANDI Jean-Pierre Civil Kasaï-Oriental Kinshasa 86 BEYA Alidor Civil Kasaï-Oriental Kinshasa 87 MOKIA Gabriel Civil Equateur Kinshasa 88 Pasteur KUTINO Fernando Civil Bas-Congo Kinshasa Kinshasa, 30 juin 2013

Ligue des Electeurs

ONG de développement démocratique par la défense des droits de l’Homme et la promotion de la culture électorale dotée de la Personnalité juridique – Arrêté ministériel N°157/CAB/MIN/J&DH/2012 du 23 février 2012 Siège : 136, Avenue TSHUAPA, Commune de Kinshasa E-mail : le_rdc@yahoo.fr Tél : (+243) 815 079 823 République Démocratique du Congo ORGANISATION MEMBRE DE LA FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L’HOMME (FIDH/Paris) ET DE LA MAISON DROITS DE L’HOMME (MDH) DU CENTRE CARTER/RDC

jeudi 25 octobre 2012

La Ligue des Electeurs dénonce la disparition inopinée du défenseur des Droits de l’Homme, René KAHUKULA, coordonnateur général de l’ONG " ADEPAD"

Monsieur René KAHUKULA, coordonnateur général de "Actions pour le Développement des Paysans Déshérités" (ADEPAD), ONG basée à Bukavu, a été arrêté à Bujumbura (Burundi) en date du 1er Juin 2012 par un commando, constitué d’agents des services de sécurité congolais avec la complicité des autorités burundaises alors qu’il était en visite privée chez le Professeur Docteur MBONEKUBE, résident dans cette ville sous statut de réfugié (HCR) ; Ils furent ensemble arrêtés puis livrés aux mains d’un certain Delphin KAHIMBI, Commandant des opérations militaires à Uvira le 2 juin 2012. Ce dernier les achemina à Bukavu, le 3 juin 2012, où ils furent séquestrés dans l’ancienne résidence du Président Mobutu transformée en cachot de fortune sans qu’aucun motif de leur arrestation ne leur soit signifié. Du 3 juin 2012 au 6 juin 2012, ils furent, sous la torture et menaces de mort, soumis à un interrogatoire serré par une commission dite « interservices » constituée de délégués de la DGM, de la DEMIAP, de l’ANR, du Gouvernorat de province et de la 10ème Région maintenus au cachot, privés d’eau et de nourriture. L’interrogatoire avait tourné autour de leurs propres vies et d’une prétendue « rébellion qu’ils seraient en train de préparer en vue de déstabiliser la RDC ».

En dépit des explications claires fournies aux membres de cette commission, ils furent maintenus au cachot où il leur fut infligé des traitements cruels, inhumains et dégradants et autres actes de torture afin d’arracher d’eux des aveux. Faute d’aveux obtenus de leur part, ladite commission les fit conduire à Goma, le 31 juillet 2012, d’où ils furent amenés à Kinshasa le 13 août 2012 avec d’autres codétenus. Aussi, furent-ils éparpillés dans les lieux carcéraux à travers la ville de Kinshasa et que René KAHUKULA, quant à lui, a été placé jusqu’en date du 21 octobre 2012, au Quartier Général de la Légion PIR sur l’avenue Victoire dans la Commune de KASAVUBU.

Outre le fait que, depuis son arrestation, Monsieur René KAHUKULA n’a jamais été mis à la disposition de l’autorité judiciaire compétente ni informé de réels motifs de son arrestation, la Ligue des Electeurs dénonce aussi le fait que lors de la dernière visite de son équipe de monitoring, ce mercredi 24 octobre 2012, la police à la garde du lieu de détention de René KAHUKULA n’a pu fournir d’autres explications que d’ affirmer qu’elle ignorait où il était sans précisions de qui l’a pris et où a-t-il été amené. Il est donc porté disparu !

Aussi, la Ligue des Electeurs exprime-t-elle sa vive inquiétude pour la vie de Monsieur René KAHUKULA et en appelle à toute personne de bonne volonté à fournir toute information nécessaire tendant à faire toute la lumière sur sa situation ou lui porter secours en vue de préserver sa vie face aux menaces de mort qui pèsent sur sa personne. La Ligue des Electeurs rappelle au Gouvernement de la République que la sécurité de personnes et des biens relèvent de ses prérogatives régaliennes et que la disparition de René KAHUKULA dans ses lieux de détention ne peut être absolument que mis à sa charge sinon viendrait réconforter la thèse des crimes d’Etat perpétrés en République Démocratique du Congo.

Aidez-nous à retrouver René KAHUKULA !

Kinshasa, le 25 octobre 2012.

Contact presse :

Maitre LUMU MBAYA

Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs

Tél. :+243815079823

Courriel : le_rdc@yahoo.fr; sylvalumu@yahoo.fr

jeudi 18 octobre 2012

Visite du stand des DDH par le President de la Republique Démocratique du Congo Joseph KABILA KABANGE

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA LIGUE DES ÉLECTEURS (LE)

- La Ligue des Électeurs (L.E), le Collectif des ONGDH de la RDC et les OING de la Francophonie saluent la visite du Président de la République au stand des ONGDH au village de la Francophonie et l’invite à s’engager résolument dans les actes positifs de protection des défenseurs des Droits de l’Homme. A l’occasion du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, la Ligue des Électeurs, le collectif des ONGDH de la RDC et les OING de la Francophonie se sont organisés pour marquer leur présence en s’établissant au Stand 17 au sein du village de la Francophonie (Stade des Martyrs de l’Indépendance). Lors de sa visite au village, le dimanche 14 octobre 2012, le Président Joseph KABILA KABANGE est passé audit stand et y a parcouru les différentes œuvres et publications des ONGDH de la société civile congolaise et internationale dont il a salué la pertinence du travail. « Je suis le premier défenseur des Droits de l’Homme dans ce pays » a-t-il dit en réponse aux explications de Maitre Sylvain LUMU, Secrétaire Exécutif de la Ligue des Électeurs. Ainsi, la Ligue des Électeurs, le collectif des ONGDH de la RDC et les OING de la Francophonie, profitant de cette ouverture d’esprit, lancent un appel vibrant au Chef de l’Etat afin qu’il s’engage résolument dans les actions concrètes de protection de défenseurs des Droits de l’Homme par la lutte contre l’impunité des auteurs des violations des droits de l’Homme ainsi que le renforcement de l’indépendance de la justice. La Ligue des Electeurs, le collectif des ONGDH de la RDC et les OING de la Francophonie rappellent, en effet, qu’au moment où ce geste fort est posé par le Chef de l’Etat, la communauté des Défenseurs de Droits de l’Homme tourne son regard vers lui pour obtenir :

1.que la justice soit véritablement rendue en toute indépendance et impartialité et que les poursuites soient engagées contre toute personne citée dans l’affaire de l’assassinat de Floribert CHEBEYA et Fidèle BAZANA pendant devant la Haute Cour Militaire;

2.la libération, toutes affaires cessantes, des prisonniers politiques : Gabriel MOKIA, Pierre-Jacques CHALUPA, Firmin YANGAMBI et surtout René KAHUKULA de nationalité française détenu depuis le 1er juin 2012 au sujet de qui aucun procès n’a été jusqu’à ce jour organisé ;

3.la mise en place d’une Commission Indépendante d’enquête pour élucider et punir tous ceux qui se sont illustrés dans l’accomplissement des devoirs illégaux dans le dossier MP c/ DIOMI NDONGALA d’une part, et dans celui du MP c/KOLESHA TSHIANGALA Costa injustement poursuivi pour offense au Chef de l’Etat devant la cour d’appel de Lubumbashi, d’autre part.

Pour la Ligue des Électeurs, le collectif des ONGDH de la RDC et les OING de la Francophonie, la solution appropriée à tous ces dossiers serait un signe encourageant des efforts de la décrispation de l’environnement politique et social et une preuve de l’engagement à lutter contre les criminels et ainsi mettre un terme au régime « des protégés » dans un État moderne et républicain.

Kinshasa, le 18 octobre 2012

CONTACTS PRESSE :

Me Sylvain LUMU MBAYA

Secrétaire Exécutif de la Ligue des Electeurs (LE)

Tél. : (+243) 815 079 823

Courriels : le_rdc@yahoo.fr. sylvalumu@yahoo.fr

samedi 7 juillet 2012

DECLARATION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME DU CONGO SUR LA SITUATION SECURITAIRE EN RDC

1.Nous, Défenseurs des Droits Humains venus de toutes les Provinces de la RDC, réunis, en marge de la Deuxième Table Ronde, des autorités publiques et Défenseurs des Droits de l'Homme, à l'Hôtel Invest de Kinshasa, du 4 au 7 juillet 2012, avons saisi cette opportunité pour examiner la situation sécuritaire de la RDC en général, et celle de l’Est en particulier.

2.Après échange d'informations, il nous revient des sources concordantes que : - Depuis hier vendredi 6 juillet 2012, la localité de BUNAGANA, dans le Territoire de RUTSHURU, est tombée aux mains des rebelles du M23, commandés par Monsieur MAKENGA, qui sont appuyés par certains Hauts responsables politiques et militaires de la République du Rwanda, cités dans le rapport des experts des Nations Unies en charge du contrôle des sanctions. Ces rebelles avaient déjà conquis les localités de JOMBA et RUANGUBA; - De centaines de personnes, dont femmes, enfants et vieillards, ont été contraints au déplacement vers plusieurs directions, et vivent actuellement dans des conditions inhumaines ; et un casque Bleu de la MONUSCO a été tué; - Plusieurs violations graves des droits de l'homme sont commises, en marge de cette conquête, notamment des pillages, incendies, viols, assassinats, arrestations et détentions arbitraires, tortures, enlèvements, exécutions extrajudiciaires, et destruction de la faune et des espèces rares ; - Cette guerre est menée par le Rwanda et autres acteurs, badigeonnés en mouvement M23, afin de concrétiser le projet de balkanisation de la RDC et de s'assurer l'exploitation illégale des ressources naturelles à travers certaines multinationales ;

3.Cette situation d'insécurité est vécue aussi dans le Territoire de MITWABA, dans le Nord-Katanga et dans le District de Haute UELE, BAS-UELE et ITURI dans la Province Orientale ; 4.Nous Défenseurs des Droits de l'Homme, sommes profondément préoccupés par la gravité de cette situation, des atrocités commises, mais surtout par la gestion de ce conflit tant par le gouvernement Congolais que par le Conseil de Sécurité des Nations Unies depuis la publication du rapport des experts en charge du contrôle des sanctions ;

5.En effet, nous ne comprenons pas pourquoi des vaillants officiers des FARDC de la trempe du feu Général MBUZA MABE ont été retirés et remplacés par des anciens miliciens de CNDP ; que la plupart des commandants de régiments actuellement déployés au front, soient des anciens membres du CNDP. Les militaires congolais déployés aux fronts sont sous-approvisionnés et mis sous commandement des anciens officiers CNDP qui se montrent complices avec les rebelles de M23, encouragent des défections au sein des FARDC et refusent de se muter dans d'autres provinces ;

6.Depuis que le rapport des Nations Unies sur l'appui du Rwanda au Mouvement M23 a été publié, le Conseil de Sécurité n'a toujours pas pris des sanctions appropriées pouvant faire améliorer rapidement la situation, alors que toute la Communauté internationale a applaudi la condamnation de l'ex président Libérien Charles Taylor pour son soutien apporté aux rebelles de RUF en Sierra Léone ;

7. De tout ce qui précède : - Nous dénonçons et condamnons l'agression de la RDC par le Rwanda et autres pays limitrophes qui défient ainsi le Droit international et les droits fondamentaux de citoyens; - Exprimons notre solidarité avec tous les congolais et la famille du Casque Bleu décédé, qui sont victimes des atrocités et de l'agression de la RDC ; - Appelons toutes les forces vives de la Nation, société civile, majorité présidentielle et opposition politique, de se mobiliser, comme un seul homme, pour extirper et mettre hors d’état de nuire tous les infiltrés qui minent l'appareil étatique de la RDC et pour apporter un soutien indéfectible aux véritables FARDC alignés aux Fronts; -Demandons à toutes les personnes de bonne volonté, de par le monde, de venir au secours des populations de l'Est en leur fournissant une assistance humanitaire ;

Au Président de la République : De prendre des dispositions qui s'imposent pour défendre suffisamment la RDC sous peine de tomber sous l'infraction de Haute trahison ;

De briser son silence et s'adresser à la Nation congolaise, à travers le Parlement, pour non seulement mobiliser toutes les forces vives de la Nation, mais surtout rassurer de son engagement ferme à défendre la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire de la RDC;

De faire arrêter Gédéon MUTANGA et faire établir la paix dans le Nord-Katanga ;

Au Conseil de Sécurité des Nations Unies :

De convoquer une réunion d'urgence afin de prendre des sanctions appropriées à l'encontre du Rwanda et des autres pays impliqués directement ou indirectement, et ainsi rétablir la paix et la sécurité internationale dans la région des Grands Lacs ;

A la MONUSCO :

D'apporter une assistance logistique appropriée aux FARDC en vue de leur permettre de récupérer rapidement les localités conquises par le M23 ; De protéger les défenseurs des droits de l'homme qui œuvrent dans les Territoires de l'Est de la RDC; Au Parlement Congolais : D'adopter en urgence le projet de loi de portant organisation et fonctionnement de la Cour spécialisée mixte; D'interpeller les Ministres de la Défense Nationale et de l'intérieur pour qu'ils fournissent des explications sur la situation sécuritaire de l'Est de la RDC; Aux organisations de la Société Civile : De documenter suffisamment toutes les violations graves des droits de l'homme commises par les belligérants ; De rester mobilisées sur la situation sécuritaire de l'Est de la RDC.

Fait à Kinshasa, le 07 juillet 2012,

LES ORGANISATIONS SIGNATAIRES

Ligue des Electeurs (L.E)

Toges Noires

Les Amis de Nelson Mandela pour les droits de l’homme (ANMDH)

Voix des Sans Voix (VSV)

Observatoire congolais des Droits de l’Homme (OCDH)

Groupe Lotus (GL)

Coalition Congolaise pour la CPI

Œuvres Sociales pour le Développement (OSD)

Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI)

Centre de droit de l’Homme et de droit humanitaire (CDH)

Action contre l’Impunité pour les droits de l’Homme (ACIDH)

Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH)

Forum des Initiatives pour le Développement (FID)

Comité Congolais contre la torture (CCCT)

Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ)

Ligue pour la Défense et la Vulgarisation des droits de l’homme (LDVDH)

Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC)

Centre International de Formation et d’Encadrement en Droits Humains (CIFEDH)

Union Nationale des Travailleurs du Congo (UNTC)

Humanité Nouvelle (HUNO)

Comité des observateurs des droits de l’homme (CODHO)

La Coupole Pour les Droits Humains (CPDH)

Groupe Equitas (GE)

Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO)

Fédération des opérateurs économiques du secteur pharmaceutique du Congo (FOEPHARCO)

Réseau National des ONG pour le développement de la femme (RENADEF)

Union pour le développement de l’Humanité (UDH)

Alliance pour l’universalité des droits fondamentaux (AUDF)

vendredi 30 mars 2012

RDC : Élections tronquées en République démocratique du Congo Publication d'un rapport sur les élections présidentielles et législatives en RDC

Ligues des Électeurs (LE)

Communiqué de presse

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Paris-Kinshasa, vendredi 30 mars 2012 – La Ligue des électeurs (LE) publie ce jour, avec le soutien de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), un rapport qui revient sur le déroulement des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, et pointe les irrégularités, les violences et les nombreuses violations constatées avant, pendant et après les scrutins et qui laisse toujours planer le doute sur leur validité. Alors que les élections provinciales auraient dû se tenir en mars 2012, notre organisation appelle les autorités nationales et internationales à prendre en compte les enseignements issus du déroulement chaotique des dernières élections et de mettre en œuvre la quarantaine de recommandations présentées dans ce rapport dans la perspective de l'organisation des prochaines élections.

La République démocratique du Congo (RDC) a tenu, le lundi 28 novembre 2011, ses élections présidentielle et législatives dans le cadre d’un nouveau cycle électoral entamé en août 2010 et pour lequel la Ligue des Électeurs (LE), ONG de défense des droits de l’Homme et de promotion de la culture électorale en RDC avait organisé une vaste opération d’observation électorale.

« La Ligue des électeurs, grâce à ses nombreux observateurs dans tout le pays, a constaté que ces élections ont été entachées de telles irrégularités que leur légitimité est sujette à caution et que ces élections constituent certainement une occasion manquée pour renouer avec la démocratie » a déclaré Paul Nsapu, président du Conseil d'administration de la Ligue des électeurs et Secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

A l’issue de ces élections, la Ligue des Électeurs avait, le 9 décembre 2011, rendu public un rapport préliminaire (lien internet) présentant les principales tendances et conclusions des observations faites au cours du processus électoral.

Le présent rapport, Élections tronquées en République Démocratique du Congo, revient sur le contexte sociopolitique de l’organisation des élections, son cadre légal et institutionnel et surtout sur les nombreuses irrégularités, violences et violations des droits de l'Homme constatées au cours du processus électoral.

« Le processus électoral du 28 novembre a été caractérisé par des violences, l'insécurité, des atteintes aux libertés d'expression et de réunion, des fraudes, bourrages d'urnes, tricheries, falsifications des procès verbaux, achat de consciences, intimidations, autant de violations qui ont altéré le libre choix des électeurs et empêché toute validation crédible des résultats » a déclarés Me Sylvain Lumu Mbaya, Secrétaire exécutif de la LE.

Le rapport retrace, y compris en images, le déroulement du scrutin dans les différentes régions du pays et les événements marquants de ces élections qui ont fait au moins 33 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon l'Observatoire des manifestations publiques (OMP).

« Le rapport de la LE et celui de la mission d'observation de l'Union européenne aboutissent au même constats et à des recommandations similaires, prouvant l'exactitude de notre analyse » a déclaré Paul Nsapu, président du Conseil d'administration de la LE et Secrétaire général de la FIDH.

Si ces élections n'ont pas constitué le sursaut démocratique qu'elles devaient être pour le processus de pacification du pays et d'alternance politique en RDC, elles n'ont pas permis non plus de renforcer la représentation politique des femmes. « Seul 5% des députés sont des femmes » précise la responsable de la Direction genre et famille de la LE. « Pas une seule femme n'a pu être candidate à l'élection présidentielle et sur les 18 000 candidats aux législatives, on a recensé que 2000 candidates. La loi électorale qui ne comporte aucune obligation pour garantir la participation politique des femmes est un des facteurs de cette sous-représentation des femmes dans la classe politique. Pourtant, dans un pays où se déroulent tant de violences à l'égard des femmes, leur participation est essentielle à la vie démocratique. Il faut imposer les femmes dans les prochaines élections » a-t-elle ajouté.

Ce rapport formule d'ailleurs une quarantaine de recommandations que la LE souhaite voir mises en œuvre et constituer la voie à suivre tant pour la Commission électorale nationale indépendante, que pour les autres institutions de la RDC, les électeurs et les animateurs du mouvement démocratique aux niveaux national et international pour l'organisation des prochaines élections et notamment les scrutins provinciaux et locaux dont la date reste encore à fixer.

« Ce rapport est à la fois un constat et une feuille de route qui doit permettre de tirer les leçons des élections passées et réussir les prochains scrutins, pour que les élections en RDC ne soient plus un moment de tensions, mais une opportunité de construire la démocratie, l’État de droit et le respect des droits humains en RDC » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH qui soutient ce rapport.

Contacts presse : Paul Nsapu : +32 487 636 587 (Français) Sylvain Lumu : +33 6 99 505 346 (Français, anglais) FIDH : Karine Appy / Arthur Manet : +33 1 43 55 14 12 / +33 1 43 55 90 19/+33 6 72 28 42 94 / presse@fidh.org (Français, anglais, espagnol)

Lire ici:ELECTIONS TRONQUEES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Publication du rapport final sur l’observation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011

ELECTIONS TRONQUEES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Publication du rapport final sur l’observation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011

ELECTIONS TRONQUEES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Publication du rapport final sur l’observation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011

mercredi 29 février 2012

La Ligue des Electeurs, très préoccupée par la recrudescence d’actes d’intimidation, menaces, tortures à l’encontre de ses membres et dénonce des procédures judiciaires arbitraires et illégales dont ils sont victimes

COMMUNIQUE N°0017/SE/LE/2012 La Ligue des Electeurs, ONG de développement démocratique, de défense des droits de l’homme et de promotion de la culture électorale, exprime toute son indignation face à la multiplication d’actes d’intimidation, menace et torture de la part des services de sécurité y compris les procédures judiciaires arbitraires à l’encontre de ses membres pendant la période postélectorale consécutive aux élections du 28 novembre 2011. Les dernières en date ont eu particulièrement pour cibles ses points focaux dans la province du Katanga. En effet, alors que le monde associatif congolais attend vivement que soit fixé en appel le dossier de l’assassinat lâche et odieux de Floribert CHEBEYA, ancien Directeur Exécutif de la Voix des Sans Voix (VSV), le Coordonnateur de la cellule locale de la mission d’observation des élections du 28 novembre 2011 dans la province du Katanga, Magistrat KOLESHA TSHIANGALA Costa et chef des travaux à la faculté de droit de l’Université de Lubumbashi, a été invité ce mardi 28 février 2012 au tour de 17 heures par le Procureur de la République à son office. Arrivé là, ce dernier lui demanda d’aller rencontrer le Procureur Général, lequel le confia à son tour à l’avocat général pour son audition. Au lieu que celle-ci se déroule en bonne et due forme, l’Avocat Général l’informera, sans plus, qu’il aurait offensé le chef de l’Etat. Au moment où nous livrons le présent communiqué, il croupit sans défense dans un cachot à Lubumbashi.

Déjà, au mois de décembre, son adjoint, Maitre Joseph NTITA, avocat au Barreau de Lubumbashi a été victime de destruction méchante de sa voiture par des inconnus puis lui-même attaqué au mois de janvier par un groupe de personnes armées à cause de ses activités d’observateur pour la Ligue des Electeurs. Il a dû avoir son salut dans la fuite et a réussi à se mettre en lieu sûr en terre sud-africaine.

Il va sans dire que les actes similaires avec les mêmes motivations et modes opératoires sont également dirigés contre les défenseurs des droits de l’Homme mais aussi l’encontre la population dans la perspective de taire toute opinion contraire à celle du pouvoir en place et d’empêcher toutes revendications démocratiques par des manifestations publiques pourtant garanties par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et tous les autres instruments juridiques qui lient la RDC y compris sa propre constitution.

Tel est le cas des visites non désirables de la Clinique de l’OSD devenue, à partir du mois d’août 2011, la cible des services de sécurité qui cherchent à mettre la main sur les dossiers sensibles des victimes des tortures et d’actes de répression violente et brutale des manifestations publiques pris en charge dans cette Clinique.

En effet, non seulement Monsieur Dieudonné KABASONGA NDUBA, Administrateur de l’OSD, a été plusieurs fois arrêté arbitrairement et détenu illégalement, ses bureaux de l’OSD-CLINIC ont été visités et fouillés par des agents des services de sécurité aussi bien en date du 17/08/2011 qu’en date du 26/08/2011. Pire encore, au mois de novembre 2011, ses collaborateurs les plus proches, notamment son Assistante, Madame Béatrice LUMINGU KANDE, et un de ses enquêteurs, Monsieur Arthur KOLA MOYO, ont été visités à leurs domiciles respectifs, torturés avec leurs familles et menacés de représailles et de mort, à cause des documents et des informations qu’ils détiendraient sur certaines personnes recherchées par les services de sécurité.

Les dernières visites nocturnes et violentes de ces agents des services de sécurité aux domiciles de Madame LUMINGU Béatrice et de Monsieur KOLA Arthur, tous deux alors en clandestinité, datent de la nuit du 26 au 27/03/2011. Aujourd’hui, ils se cachent et vivent en clandestinité, mais leurs familles ont été sérieusement torturées. Le mari de Madame Béatrice LUMINGU KANDE, Monsieur Edouard ILUNGA TSHIBANGA, a été arrêté et acheminé à un lieu inconnu jusqu’alors pour obliger son épouse à se livrer.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2012, et le 07 février 2012, la famille KINAMUENE-NDOMBELE domiciliée au n° 9 de l'avenue KIBATI Commune de BARUMBU à KINSHASA a été elle aussi visitée avec violence et menace de mort par les individus se réclamant des services de sécurité au motif qu’elle serait en connivence avec son fils, Monsieur KINIKA-NDOFUSU André, très actif dans les milieux de la diaspora congolaise en Belgique dans toutes les manifestations contre le régime en place et ses dignitaires depuis la publication des résultats proclamant le Président KABILA vainqueur des élections du 8 novembre 2011.

Il n’en va pas ainsi sans compter l’emprisonnement à Lubumbashi des congolais expulsés en début de ce mois en Afrique du Sud pour des mêmes raisons ainsi que la répression brutale et violente des manifestations publiques dont la très récente marche des chrétiens du 16 février 2012 par les éléments de la police, aidés en certains lieux de Kinshasa par la milice des jeunes sportifs conduite par le tristement célèbre « Maitre Chaleur » très réputé à cause de sa capacité de nuisance, de violence et de délinquance urbaine dans les rues de la capitale de la RDC et ce, dans l’impunité totale et la complicité des autorités publiques.

Malgré les multiples dénonciations de tous ces actes par les ONG congolaises des droits de l’Homme, les services de sécurité semblent décider à obtenir ce qu’ils recherchent, à savoir démobiliser les ONG des droits de l’Homme et saper leur travail, museler l’opposition et neutraliser la population congolaise déjà meurtrie par la précarité de vie au quotidien.

La Ligue des Electeurs tient à exprimer ici toute son indignation et sa vive préoccupation devant l’opinion tant nationale qu’internationale face à cette escalade des actes d’intimidation et des menaces de mort contre les défenseurs des droits de l’homme, l’opposition et la population. Elle en appelle surtout au Ministre de la Justice qui a les droits humains en charge et prône « la justice pour tous » au cours des séances d’audience accordée la population sans discrimination dites « journées portes ouvertes » à son Ministère.

La Ligue des Electeurs exprime toute sa solidarité à ses membres victimes de ces actes et invite encore le Ministre de la Justice à faire tout ce qui est en son pouvoir pour identifier le lieu de détention de Magistrat KOLESHA TSHIANGALA Costa et le faire libérer sans conditions. En outre, la Ligue des Electeurs condamne fermement cette façon anti-démocratique d’arrêter arbitrairement et de détenir illégalement des personnes innocentes et rappelle que la protection des droits de l’homme est une obligation impérative de l’Etat congolais au regard de divers instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme.

La Ligue des Electeurs demande, par ailleurs, au Gouvernement de faire cesser immédiatement tous ces actes d’intimidation, de menaces et des tortures qui ne favorisent pas la démocratie en RDC. Elle rassure toute la population congolaise que toutes ces menaces et actes d’intimidation ne la décourageront pas dans sa mission de défense des droits de l’homme et de dénonciation de leurs violations partout où elles sont commises.

ONG DE DEVELOPEMENT DEMOCRATIQUE, DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME ET DE PROMOTION DE LA CULTURE ELECTORALE 49, Avenue de l’Université, Quartier LIVULU (Arrêt ELIMU SANTU) KINSHASA/LEMBA E-mail : le_rdc@yahoo.fr Tél : (+243) 815 079 823 REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Fait à Kinshasa, le 29 février 2012

Maitre Sylvain LUMU MBAYA

Secrétaire Exécutif

LIGUE DES ELECTEURS (L.E.)

mercredi 22 février 2012

RDC : La Ligue des électeurs dit non au report des élections provinciales

C'est la position donnée ce mercredi à la presse, à Kinshasa. Cette structure de la société civile estime que la démarche proposée par le gouvernement de renvoyer à plus tard ces scrutins, risque de régresser le processus démocratique en RDC. D'après Sylvain Lumu, secrétaire exécutif de la Ligue des électeurs, seule l'organisation des élections donne la possibilité au peuple de participer à la gestion de la chose publique. Lui priver ce droit serait une tentative malheureuse, a-t-il ajouté. Sylvain Lumu au micro d'Isabelle Moengo.

écouter le son

lundi 21 novembre 2011

LA LIGUE DES ELECTEURS PLAIDE EN FAVEUR DE L’ECLAIRCISSEMENT DE LA CARTOGRAPHIE ELECTORALE

dimanche 6 avril 2008

Journée Internationale de la Femme 08 mars 2008: Sensibilisation par la LE.

Forum Femme et Démocratie

Le forum et démocratie de la Ligue des Electeurs lance ses activités relatives à la commémoration de la journée internationale de la femme et du mois de la femme . Répondant à une de ses missions, l’encadrement de la femme et de la jeunesse, deux grandes activités ont marqué cette manifestation le 7 et le 8 mars respectivement à l’institut BAMBU I MASINA et à MALUKU avec les MAMANS ADAMA et les élèves de l’institut MALUKU . Près de 700 élèves filles et garçons étaient au rendez-vous à l’institut BAMBU I et 120 femmes et élèves filles à MALUKU. En dehors des activités récréatives (football) à Maluku, deux temps forts ont marqué ces deux activités :

1.l’historique, l’importance et le sens de la journée du 8 mars couplés aux thèmes international « Investir dans la femme et la jeune fille », national « Investir dans la paix et la justice pour l’autonomisation et la protection de la femme et de la jeune fille » et même local « l’importance de la formation et de l’instruction pour la jeune fille » au regard des réalités locales vécues. 2.l’expression des préoccupations des participants.

Abordant la question relative à l’historique de la journée du 8 mars, Mme Pélagie Makiedika, responsable du forum femme et Démocratie de la Ligue des Electeurs a essayer de ramasser de manière globale la condition de la femme à travers les âges, entachées des inégalités, des discriminations , des préjugés négatifs ; des stéréotypes et autres considérations réduisant la femme au statut de perpétuel enfant. Elle ensuite évoqué la lutte des femmes et la prise de conscience des nations unies partant de la conférence de Mexico en 1975, celle de Copenhague en 1980, Nairobi en 1985 et Beijing en 1995 pour enfin aboutir à la proclamation par les Nations Unies de la date du 8 mars comme journée internationale de la femme en 1975 rappelant ainsi la marche des femmes travailleuses de la textile de New York en 1908. Depuis lors, des évaluations sont faites pour analyser les progrès enregistrés dans le cadre de la reconnaissance des droits de la femme qui constitue en soi un défi à relever chaque année par chaque Etat et par la communauté internationale.

Ainsi donc , des thèmes retraçant les préoccupations majeures des femmes tant au niveau international , national que local sont choisis.

En ce qui concerne la R.D. Congo ; le thème national est : « Investir dans la paix et la justice pour la protection et l’autonomisation de la femme et de la jeune fille . » Le choix de ce thème tombe à point nommé avec la situation de notre pays qui prennent la violence faite à la femme comme arme de guerre . C’est ici l’occasion pour la femme congolaise d’interpeller la conscience des dirigeants nationaux et de la communauté internationale sur non seulement les affres de la guerre et toutes les conséquences qui pèsent et continueront à peser sur les victimes des violences mais ; sur la condition ou situation globale de la femme ; car la paix ne veut pas dire simplement une absence de la guerre ou des armes. La véritable Paix consiste à être en harmonie avec soi-même , avec les autres , avec sa communauté ou son environnement. La femme et la jeune fille ne sauront participer à la construction de la paix et au développement social et économique sans passer par la formation et l’instruction ; unique voie vers l’autonomisation. Des efforts doivent être fait au niveau du gouvernement pour promouvoir cette culture de la paix et de la justice. Mettre sur pied un programme d’alphabétisation des adultes et rendre effectif la gratuité des enseignements au niveau primaire tel contenu dans la constitution.

Le deuxième temps fort fut marqué par l’expression des différentes préoccupations des participants dont les principales se résument dans : 1.la place et le rôle de la femme dans la lutte pour la reconnaissance des droits ; 2.les résultats de la lutte des femmes et de son image dans les pays musulmans ; 3.la peur de la perte de l’identité culturelle africaine et des valeurs chrétiennes au profit des considérations et mouvements internationaux ; 4.les effets /conséquences des revendications des femmes sur la société ; 5.la féminisation de la pauvreté et le taux élevé d’analphabétisme chez la femme congolaise en général et la femme rurale en particulier qui constituent les causes de son manque d’épanouissement et bloque sa participation effective au développement économique et social du pays principalement dans les instances de prise des décisions. Les deux activités se sont clôturées par des éloges faits à la femme et le défis qui lui est lancé de construire son image à travers des expressions telles : « La femme est une marque déposée, un produit fini, couronnement de la création et par conséquent un être précieux aux yeux de son créateur. » Un e autre voie demande à la femme d’être elle –même et savoir se battre pour son identité et ne pas attendre l’homme qui du reste a peur de se voir dépouillé. Ainsi, les deux directions de l’institut Bambu1 et des mamans ADAMA souhaitent que d’autres activités soient animées sur des thèmes comme le Genre et les Violences faites à la femmes etc…

Fait à Kinshasa, le 10 mars 2008

Mme Julie OCHANO ZENGA,

Secrétaire Exécutif Adjointe

Ligue des Electeurs