Ligues des Électeurs (LE)

Communiqué de presse

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Paris-Kinshasa, vendredi 30 mars 2012 – La Ligue des électeurs (LE) publie ce jour, avec le soutien de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), un rapport qui revient sur le déroulement des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, et pointe les irrégularités, les violences et les nombreuses violations constatées avant, pendant et après les scrutins et qui laisse toujours planer le doute sur leur validité. Alors que les élections provinciales auraient dû se tenir en mars 2012, notre organisation appelle les autorités nationales et internationales à prendre en compte les enseignements issus du déroulement chaotique des dernières élections et de mettre en œuvre la quarantaine de recommandations présentées dans ce rapport dans la perspective de l'organisation des prochaines élections.

La République démocratique du Congo (RDC) a tenu, le lundi 28 novembre 2011, ses élections présidentielle et législatives dans le cadre d’un nouveau cycle électoral entamé en août 2010 et pour lequel la Ligue des Électeurs (LE), ONG de défense des droits de l’Homme et de promotion de la culture électorale en RDC avait organisé une vaste opération d’observation électorale.

« La Ligue des électeurs, grâce à ses nombreux observateurs dans tout le pays, a constaté que ces élections ont été entachées de telles irrégularités que leur légitimité est sujette à caution et que ces élections constituent certainement une occasion manquée pour renouer avec la démocratie » a déclaré Paul Nsapu, président du Conseil d'administration de la Ligue des électeurs et Secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

A l’issue de ces élections, la Ligue des Électeurs avait, le 9 décembre 2011, rendu public un rapport préliminaire (lien internet) présentant les principales tendances et conclusions des observations faites au cours du processus électoral.

Le présent rapport, Élections tronquées en République Démocratique du Congo, revient sur le contexte sociopolitique de l’organisation des élections, son cadre légal et institutionnel et surtout sur les nombreuses irrégularités, violences et violations des droits de l'Homme constatées au cours du processus électoral.

« Le processus électoral du 28 novembre a été caractérisé par des violences, l'insécurité, des atteintes aux libertés d'expression et de réunion, des fraudes, bourrages d'urnes, tricheries, falsifications des procès verbaux, achat de consciences, intimidations, autant de violations qui ont altéré le libre choix des électeurs et empêché toute validation crédible des résultats » a déclarés Me Sylvain Lumu Mbaya, Secrétaire exécutif de la LE.

Le rapport retrace, y compris en images, le déroulement du scrutin dans les différentes régions du pays et les événements marquants de ces élections qui ont fait au moins 33 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon l'Observatoire des manifestations publiques (OMP).

« Le rapport de la LE et celui de la mission d'observation de l'Union européenne aboutissent au même constats et à des recommandations similaires, prouvant l'exactitude de notre analyse » a déclaré Paul Nsapu, président du Conseil d'administration de la LE et Secrétaire général de la FIDH.

Si ces élections n'ont pas constitué le sursaut démocratique qu'elles devaient être pour le processus de pacification du pays et d'alternance politique en RDC, elles n'ont pas permis non plus de renforcer la représentation politique des femmes. « Seul 5% des députés sont des femmes » précise la responsable de la Direction genre et famille de la LE. « Pas une seule femme n'a pu être candidate à l'élection présidentielle et sur les 18 000 candidats aux législatives, on a recensé que 2000 candidates. La loi électorale qui ne comporte aucune obligation pour garantir la participation politique des femmes est un des facteurs de cette sous-représentation des femmes dans la classe politique. Pourtant, dans un pays où se déroulent tant de violences à l'égard des femmes, leur participation est essentielle à la vie démocratique. Il faut imposer les femmes dans les prochaines élections » a-t-elle ajouté.

Ce rapport formule d'ailleurs une quarantaine de recommandations que la LE souhaite voir mises en œuvre et constituer la voie à suivre tant pour la Commission électorale nationale indépendante, que pour les autres institutions de la RDC, les électeurs et les animateurs du mouvement démocratique aux niveaux national et international pour l'organisation des prochaines élections et notamment les scrutins provinciaux et locaux dont la date reste encore à fixer.

« Ce rapport est à la fois un constat et une feuille de route qui doit permettre de tirer les leçons des élections passées et réussir les prochains scrutins, pour que les élections en RDC ne soient plus un moment de tensions, mais une opportunité de construire la démocratie, l’État de droit et le respect des droits humains en RDC » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH qui soutient ce rapport.

Contacts presse : Paul Nsapu : +32 487 636 587 (Français) Sylvain Lumu : +33 6 99 505 346 (Français, anglais) FIDH : Karine Appy / Arthur Manet : +33 1 43 55 14 12 / +33 1 43 55 90 19/+33 6 72 28 42 94 / presse@fidh.org (Français, anglais, espagnol)

Lire ici:ELECTIONS TRONQUEES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Publication du rapport final sur l’observation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011